Justice et « Sophia Analyse »

[27 octobre 2010 :  à la demande des intéressés, nous mettons en ligne la mise à jour suivante ]  

Le 29 septembre 2010, la 11e chambre de la Cour d’Appel de Bruxelles a rendu l’arrêt suivant: « La Cour met le jugement entrepris à néant et, statuant à nouveau dit les préventions à charge de Dominique Lippens, Luis Alberto Aquino Benitez et Benoît De Coster non établies, les en acquitte et les renvoie des fins de poursuites sans frais ». La nouvelle sentence,  qui nous restitue notre honorabilité, est devenue, quinze jours plus tard, définitive.



La « Sophia Analyse » n’a rien à voir avec la psychanalyse. Néanmoins, il nous semble utile de reprendre cette information qui reviendra certainement dans les débats concernant une éventuelle législation relative à la formation des psychothérapeutes.

BRUXELLES 10/05/07 (BELGA)

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné jeudi Dominique Lippens, 51 ans, à 14 mois de prison, dont 10 fermes, et à une amende 19.250 euros, Luis Aquino Benitez (61 ans), son mari, à 1 an de prison, dont mois fermes et à 11.000 euros d’amende et Benoît De Coster, 58 ans, à 14 mois de prison avec sursis et à 19.250 euros d’amende. Les principaux animateurs de l’Institut de Sophia-Analyse de Bruxelles ont ainsi été reconnus coupables de participation à une association de malfaiteurs, de faux et de détournements.

En fait, Lippens et De Coster sont les seuls coupables du détournement à leur profit de quelque 1,34 million d’euros. Les faits se sont déroulés entre le 09/03/90 et le 29/03/2004.

L’Institut, sis initialement rue Franklin, à Bruxelles-Ville, proposait des psychothérapies payantes et dispensait des cours – avec minervals pour les étudiants -, selon les principes de la « Sophia Analyse ». Les prévenus n’ont que cette seule formation dans le domaine psychologique ou psychanalytique.
L’objet social de cette ASBL est de développer la recherche « dans le domaine des psychothérapies et de l’anthropologie existentielle » et de former des psychothérapeutes. Luis Aquino Benitez s’était fait inscrire comme « homme de ménage », lorsqu’il s’est installé en Belgique. Selon lui, il est le garant, dans notre pays, de la conduite du courant philosophique Sophia Analyse. Pendant le procès proprement dit, ce prévenu avait avoué à la présidente Annick Baudri qui l’interrogeait qu’il n’avait qu’un diplôme d’études secondaires. Après avoir commencé à étudier la philosophie à l’université, il dit avoir été formé à la Sophia Analyse à Rome par son fondateur, Antonio Mercurio. Leurs excellents rapports ont conduit ce dernier à déléguer Aquino Benitez, d’origine paraguayenne, à la direction de l’Institut à Genève, à Paris et à Bruxelles.

Plusieurs membres de l’Institut se sont sentis dans une dépendance complète par rapport aux principaux animateurs de la Sophia Analyse, l’enseignement n’étant dispensé que pour ceux qui avaient suivi au moins 2 ans de psychothérapie. A l’audience, Aquino Benitez avait indiqué qu’il n’était pas nécessaire de rappeler à quel point les transferts sont importants entre un patient et son psychanalyste.

Dominique Lippens, kinésithérapeute de formation, avait expliqué qu’elle s’occupait de la « gestion affective de l’association », soulignant que beaucoup de patients étaient en dépression quand ils arrivaient à l’Institut. Benoît De Coster avait concédé, pour sa part, qu’il avait agi avec beaucoup de légèreté dans la gestion administrative de l’ASBL, mais avait contesté toute malversation financière.
« Beaucoup d’opérations se faisaient de la main à la main. Le principe général était la confiance », avait insisté ce troisième prévenu.

Lippens et De Coster se voient confisquer 127.000 euros sur leur patrimoine./.ITU/MPA

 

[Mise à jour du 5 juin 2007] Mise au point des intéressés, sur leur site

Nos vicissitudes judiciaires

Créer un lieu de formation, c’est créer un lieu de pouvoir.

L’année 2000, pour défendre la réputation de l’institut et la dignité du féminin, nous avons mis dehors un de nos formateurs qui abusait de ce pouvoir.

Il a promis de détruire l’institut.

Depuis, nous subissons ses attaques sur le plan judiciaire.

Depuis quelques mois, une certaine presse s’est emparée de l’affaire.

La sentence de premier degré a été d’une gravité inquiétante.

Des coups de fil anonymes l’ont suivie.

Nous espérons mieux pour l’appel.

Après trois ans de Philosophie au Paraguay, quatre ans de Théologie, quatre ans de Psychologie et deux ans de psychanalyse personnelle en Italie, j’ai fait ma formation à Rome avec le fondateur de la Sophia-analyse, Antonio Mercurio.

À l’université et pendant les huit ans de cette formation, je me suis passionné pour la psychanalyse, ce regard profond sur l’humain sur lequel s’étayent les propositions anthropologiques de la Sophia-analyse.

Nommé « Directeur Scientifique des Instituts Francophones de Sophia-analyse », pendant une douzaine d’années j’ai voyagé entre Rome, Genève, Bruxelles et Paris.

L’Institut de Sophia-analyse de Bruxelles, après avoir quitté son fonctionnement en tant qu’ASBL en 1993, était géré dans le consensus et la confiance.

Jusqu’à l’expulsion du formateur en question.

Dominique Lippens, ma femme, -kinésithérapeute et thérapeute du développement psychomoteur, formée à la Ligue d’Hygiène Mentale- a assumé, à la fin de sa formation, la sophia-analyse comme identité professionnelle. Elle est Présidente de l’institut depuis 1990.

Benoît de Coster -déjà thérapeute et formateur Gestalt (GIC), formé également à la clinique en Analyse Transactionnelle et avec trois ans d’analyse personnelle jungienne- est le directeur de l’École de Formation en Sophia-analyse depuis sa création en 1986.

Sous notre direction, l’institut jouit aujourd’hui d’un développement magnifique.

Nous attendons la sentence d’appel pour tourner la page.

Luis Alberto Aquino Benitez