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Dec 05 2009
Serrer la main à son patient ? par Vincent Magos Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
05-12-2009

Y a t-il un quelque chose de pervers, dans le fait que le psychanalyste ne serre pas la main à son patient?

Pour cette question, comme pour bien d’autres, la première invitation est celle d’en parler - justement -à son psychanalyste. Vous êtes étonnée, interloquée, fâchée… Pourquoi avant tout ne pas lui poser la question et lui dire ce qui vous vient à l’esprit à ce propos ?

Mais rassurez-vous, je ne veux pas, à mon tour, ici, vous refuser une main et vous renvoyer la question.

Récemment une collègue parlait d’un article qu’elle rédigeait mentionnant notamment différentes manière d’être des psychanalyste. En Angleterre, il semble courant de ne pas donner la main tandis qu’en Argentine, il n’est guère choquant d’embrasser son analysant. Il s’agit donc aussi d’une question culturelle.
Aux analystes Freud recommande d’user de tact mais il en relèvera également les dangers dans ce que cela peut justifier d’arbitraire chez l’analyste.
Adoptons l’idée qui justement fait référence au contact, au toucher et la poignée de main est bien –quand elle a lieu – le seul contact physique possible entre l’analyste et son analysant.
Il s’agit d’avoir le tact qui va permettre à l’analysant de prendre place dans cet espace qui se situe aux antipodes de celui de la bienséance des relations sociales. En séance, à l’inverse des convenances, tout peut-être dit. C’est bien le lieu où ce qui n’est pas convenable peut prendre place.
Mais qu’est ce qui va faire la frontière entre le mode des convenances sociales et l’espace de la séance ? Pour moi, c’est le bonjour et l’au revoir généralement accompagné d’une poignée de main. Pour un autre analyste ce sera peut-être l’ouverture et la fermeture de sa porte.
Comment être chaleureux sans être séducteur, sobre sans être glacial… encore des questions propres à chaque analyste en fonction de la culture dans laquelle il baigne, de sa formation, de son style. Cela n’est pas sans effet non plus sur le type d’analysants qui s’adresseront à lui et trouveront à qui parler.
Commentaires (5)add comment
charlotte.m: commentaire
Mon analyste me prive de son regard, de son sourire, de sa main et de ... sa voix.Il ne me dit pas bonjour ni aurevoir.Mais c'est lui qui ouvre et ferme la porte .
Dur dure d'être analysant.
1

Abus
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December 12, 2009
Votes: +0
Lucie.P: pourquoi pas ?
Comme le dit très justement Vincent, il suffirait simplement de poser la question à son analyste sur l'existence, ou non, de ce geste de bien séance sociale, française en tout cas. Personnellement je sers la main à mes patients assez facilement et ce contact, aussi court soit-il, donne beaucoup d'indications sur le positionnement dans la relation de l'individu que l'on rencontre. La poignée est ferme, souple, fuyante, le regard se dérobe lorsque les mains se touchent ! ce geste aux allures anodines est en fait un trésor. A l'analyste ou l'analysant de s'en servir, ou pas.
2

Abus
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December 14, 2009
Votes: +1
Vincent Seguret: un acte sexuel ?
Comme vous le laissez entendre, Vincent, il n'y a en tous cas pas lieu de faire de ce point (serrer la main de son patient ou s'abstenir) une règle a priori. Je serre la main de certains de mes patients, et pas celle de certains autres. Pourquoi ? Sans doute parce que pour les premiers cet acte relève effectivement du tact (dans tous les sens du terme) ou d'une concession tolérable aux convenances, et pour les seconds, parce que j'intuitionne, sur la base des séances passées, que ça pourrait être vécu comme un acte sexuel (par exemple dans le cas d'un transfert amoureux massif, ou avec certains patients psychotiques pris dans une logique de persécution : "en me serrant la main, l'analyste risque de me prendre aussi mon âme").

J'ai également noté que la séance ne démarre pas au même endroit selon les patients et les séances : parfois, "ça" commence dès que le patient s'installe dans la salle d'attente, et, à l'autre extrémité, il faut attendre que le patient soit allongé sur le divan (le cas échéant) et l'analyste assis sur son fauteuil, pour que "ça" démarre.
3

Abus
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January 04, 2010
Votes: +0
Marianne: Heureusement mon analyste a des mains !
je réagis ici en tant qu'analysante et je m'inquiète des psychanalystes qui se préoccupent plus des fantasmes ou des convenances (comme les psychiatres traitent les pathologies) plutôt que de la personne ou du "sujet". Rien d'étonnant à ce que la psychanalyse ait encore mauvaise réputation ! Quant à moi, je suis rassurée de sentir la poigne de main de mon analyste, de découvrir à chaque séance une manière nouvelle de se rencontrer, de se regarder, de se saluer, de se quitter, de rire ensemble, de le sentir préoccupé, vivant quoi ! Je crains les analyses qui consistent à renvoyer sempiternellement l'analysant à sa propre question alors qu'il devrait y avoir quelqu'un pour l'entendre et se permettre d'y répondre de manière telle que l'analyse soit aussi une interaction, un jeu et pas une stratégie, une affaire de co-présence, de réalité partagée, voire créée à deux : sionon pourquoi se targuer d'un site nommé "squiggle" ? Je doute que les espaces d'analyse aseptisés puissent guérir qui que ce soit, traiter quelque symptôme ou donner l'envie de vivre et d'affronter la réalité sociale, son histoire familiale ou ses propres fantasmes. Est-ce que les analystes ne souffrent pas trop de leurs contre-transferts ? Est-ce que l'inconscient est un donné génétique ou un construit relationnel ?
4

Abus
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February 22, 2010
Votes: +3
Pomponnette: ...dis c'est à cette heure-ci que tu rentres?
@ Marianne
J'ai voté pour votre commentaire.
Dans mon errance personnelle sans corps et sans âmes, mais pas sans fantômes,
la psy-canne-à-liste? à qui je sers la main, don je sers la main, est une personne humaine incarnée qui me communique à moi-m'aime que je le suis aussi, incarnée. Surprise m'aime de le découvrir. Et surprise de lui donner ma main, que je refusais depuis les doigts froids et fuyants d'un psychiâÂâtre autrefois fréquenté. Un qui portait un non à particule, à défaut de particules de chaleur dans sa main.
Ma poignée de main est très fugace, je la veux non invasive, d'une pression juste cherchant le point d'équilibre de qui me la tend mais jamais assez longtemps pour avoir à en attendre quoi que ce soit.
Avant, ma poignée de main était ferme et chaude, c'était quand je travaillais avec des collègues boulangers qui me l'enveloppaient de leur rondeur, de leur épaisseur, de leur douceur, doux coeurs.
5

Abus
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February 23, 2010
Votes: +0

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