May
01
2008
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01-05-2008 |
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Un récent article du Journal Le Monde(1) évoquait la création d’une « clinique du virtuel » « pour soigner les enfants en difficulté ». Le style affirmatif du titre ne laissait planer aucun doute sur la légitimité du projet, tandis que la question de savoir qui le finançait n’était même pas évoquée. Pourtant, l’entreprise pose bien des questions.
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Apr
26
2008
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26-04-2008 |
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Le visage du présentateur qui regarde chaque téléspectateur dans les yeux a le pouvoir de réveiller chez lui un souvenir enfoui, mais prompt à être réactivé : celui du visage(1) qui lui signifiait, par ses mimiques et ses intonations, quand il était enfant, la valeur affective à accorder à chaque événement nouveau. A cette époque, lorsque surgissait un imprévu, une mimique souriante et une voix détendue signifiaient à l’enfant qu’il ne fallait pas s’inquiéter. Au contraire, un léger froncement de sourcil et une voix un peu plus forte alertaient sur un danger possible.
Nous avons tous oublié ce premier visage-, mais la vue en gros plan du présentateur télévisé en réactive la mémoire. C’est que, aujourd’hui comme jadis, un monde incompréhensible insécurise, voire paralyse. Nous avons non seulement besoin de connaître ce qui arrive, mais aussi de savoir si nous devons nous en réjouir ou nous en inquiéter. Alors le présentateur paraît…. Tel est son pouvoir, que bien des politiques lui envient et qui le rend si redoutable. Les figures rondes des dessins animés pour enfants, qui leur parlent les yeux dans les yeux avec des mimiques fortement expressives, en sont les précurseurs. Comme eux, les présentateurs télévisés qui évitent de dire trop nettement « ce qu’il faut penser », font largement comprendre, par leurs mimiques et leurs intonations, ce qu’il faut « éprouver ». Et c’est finalement la même chose.
(1) Celui de notre mère, le plus souvent, mais ce pouvait tout aussi bien être celui d’un père, d’une sœur plus âgée ou d’un grand-parent
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Apr
19
2008
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19-04-2008 |
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Ce n’est un secret pour personne que la rédaction de nombreux journaux - papiers ou audiovisuels - choisissent leurs sujets en fonction des attentes des usagers. La « une » doit retenir l’attention du plus grand nombre possible de personnes, et elle le fait d’autant mieux qu’elle correspond aux attentes d’une majorité de consommateurs. L’omniprésence de la vie privée du Chef de l’Etat français dans les médias s’expliquerait ainsi, paraît-il, par une forte attente de la majorité du public. On peut bien sûr s’interroger sur le problème de savoir si le rôle de l’information est bien de proposer ce qu’une majorité de gens attendent. Mais la question va plus loin : en éveillant la curiosité du public par des titres accrocheurs - et souvent mensonger - et en le tenant en haleine sur des faits très secondaires, ces médias entretiennent évidemment la tendance qu’ils prétendent suivre, voire la suscite chez des personnes qui, sans cela, n’auraient pas songé à s’en préoccuper.
Cette propension des médias à alimenter la restriction des intérêts de chacun est malheureusement sur le point de trouver un allié de choix dans ce qu’on appelle l’Internet et le mobile « affinitaires ». Bientôt, les ordinateurs embarqués dans nos machines quotidiennes apprendront à repérer les sujets qui nous intéressent… afin de nous les proposer en priorité. Le risque est évidemment que ceux qui n’aiment que les concours canins et les matchs de foot finissent par croire que le monde s’y réduit… tout au moins jusqu’à ce qu’un événement d’une gravité extrême ne leur rappelle que la réalité ne se laisse pas oublier si facilement !
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Apr
12
2008
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12-04-2008 |
Nous croyons parfois que quand il y a un écran allumé chez nous, il est fait pour être regardé. C’est une erreur. Quand un écran est allumé, il n’est pas fait pour être regardé, mais pour être commenté. C’est toute la différence entre la télé et le cinéma.
Au cinéma, les gens ont payé leur place. S’il vous prend l’idée de commenter l’action au fur et à mesure avec votre bambin à côté de vous, les autres spectateurs vont évidemment vous demander de vous taire en vous disant qu’ils ont le droit de regarder le film sans être dérangés. En revanche, même si un adulte ne regarde la télévision qu’un quart d’heure par jour avec son enfant, il est très important que pendant ce laps de temps, il adopte une attitude active. Il doit donner son jugement sur les images, et inviter l’enfant à faire de même, afin que celles-ci deviennent un support d’échanges et non pas de fascination.
En fait, le modèle que nous devons apprendre à développer vis-à-vis des écrans est celui d’un livre d’images. Lorsqu’un parent ouvre un livre d’images avec un enfant, ce n’est pas pour se contenter de le regarder en silence. Mon fils, il y a très longtemps, me disait : « Papa, fais la parole ! ». Le tout-petit attend du parent qu’il mette sur les images des mots qui lui sont directement destinés, qui sont des mots qu’il est capable de comprendre et qui l’introduisent à une relation médiatisée par les écrans. Nous devons apprendre à regarder tous les écrans domestiques qui nous entourent comme on feuillette un livre d’images ou comme on va voir une exposition de photos avec des amis, c’est-à-dire comme un support de communication.
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