La psychanalyse permet-elle de réaliser ses désirs ?

Je suis très majoritairement attiré par les femmes mais ai de temps à autres des pulsions homosexuelles. Après quelques expériences, j’ai fait le choix il y a 4 ans de ne pas succomber à ce désir, bien qu’il réapparaisse de temps à autre, pour ne pas avoir à mentir à ma femme. Je m’interroge parfois sur la justesse de ce choix. Ma question est : Peut-on vivre une relation “saine” avec son conjoint sans pour autant lui révéler sa bisexualité ? Au fond la question plus générale est peut être : Doit-on absolument réaliser ses désirs ?
 

C’est toujours la faute des mères ?

Pourquoi choisit-on une voie, une spécialité dans le domaine psychanalytique comme dans d’autres ? Le hasard n’explique pas tout, nous le savons bien et il arrive que les circonstances nous mettent en relation avec une catégorie de personnes qui provoquent en nous un écho avec notre histoire, notre inconscient.

La psychanalyse est-elle dangereuse pour les enfants ?

« La psychanalyse est-elle dangereuse pour les enfants ? » se demandent certains. Personne ne souhaite qu’un enfant fasse une mauvaise rencontre, la question est donc bien légitime. D’où l’importance de mieux comprendre ce qu’un analyste fait avec un enfant, parfois très jeune. Le couche-t-il sur un divan ? Mais non bien sûr !

Combien de temps durent les bénéfices d’une psychanalyse?

Combien de temps dureront les bénéfices qu’un sujet retire d’une psychanalyse? Une fois l’analyse terminée, est-ce à dire que « tous les problèmes » seront résolus, ou, du moins, pourront l’être grâce à un travail mental relativement sommaire? Si, au contraire, surgissent de nouvelles confrontations importantes du sujet, avec lui-même ou avec son entourage, faut-il conclure à l’inefficacité de l’analyse qu’a faite ce sujet?

Le psychanalyste est-il pour ou contre le mariage des homosexuels ? Pour ou contre l’adoption par des homosexuels ?

Ni pour ni contre. Mais le psychanalyste peut éclairer la réflexion. Il peut aider à comprendre l’essentiel : ces requêtes ne correspondent pas à une simple extension des pratiques à des destinataires qui en seraient lésés. Elles correspondraient à une modification de ces pratiques. Du coup s’impose de réfléchir l’incidence qu’aurait cette modification sur l’enfant, non seulement sur l’enfant concerné, mais sur tous les enfants. Car ce qu’une loi énoncera quant au principe du lien d’un enfant avec ses parents, cela vaudra pour tous.

Est-il normal que je m’attache à mon psychanalyste ?

Qu’est-ce que le transfert ? Est-il normal que je m’attache à mon psychanalyste ? Tombe-t-on amoureux de son psychanalyste ?

Il est tout à fait normal de s’attacher et même de tomber amoureux du psychanalyste. La situation analytique est une situation particulière, en dehors du contexte social habituel. C’est une situation permettant d’accéder au plus intime de soi même et à sa vérité profonde. La personne analyste, détournée du champ du regard, puisque derrière le divan, va pouvoir être investie d’affects, d’affection, comme un proche, ou un parent de la petite enfance. L’analyse va pouvoir alors se dérouler.

Les psychanalystes peuvent-ils, en tant qu’analystes, dire quelque chose du politique?

Dans Vienne fin de siècle, Carl Schorske écrit : « Freud ne prête aucune attention au fait qu’Œdipe était roi. Pour lui […] la quête d’Œdipe était morale et intellectuelle : échapper à son destin et parvenir à la connaissance de soi. Il n’en allait pas de même pour les Grecs. L’Œdipe roi de Sophocle ne peut se comprendre que comme une res publica (chose publique) dont le héros royal est poussé par un impératif politique : écarter la peste de Thèbes. […] En réduisant la politique à des catégories psychologiques personnelles, Freud rétablit l’ordre, au niveau personnel, mais il ne rétablit pas l’ordre public. »