Une psychanalyse, Pourquoi ? Comment ?

Ils ou elles ne sont pas malades au sens organique du terme. Pas de fièvre, pas de sang, pas de douleurs physiques. Enfin pas toujours. Les examens réclamés par le médecin généraliste, puis par le spécialiste consulté sur recommandation du premier, se sont révélés négatifs. En apparence donc, tout va bien. Mais au fond, ils ou elles sentent bien que  « ça ne va pas ». Ils ou elles éprouvent par exemple d’étranges sensations de mal-être, des crises d’angoisses sans explication, des paniques sans motif apparent. Ils dorment mal ou font d’horribles cauchemars. Elles hésitent sans cesse pour accomplir les actes les plus insignifiants ou restent des heures plongées dans des abîmes de perplexité. Ils ou elles se déclarent notoirement « peu satisfaits » par leur vie sexuelle. Ils ou elles se disent en outre « victimes » d’emportements aussi intempestifs qu’inexplicables avec leur entourage proche. Des ratages incontrôlés dans leurs relations professionnelles ou privées empoisonnent leur vie au quotidien. Alors, pourquoi pas une psychanalyse ?

La psychanalyse: pratique clinique ou conception de l’homme et de la société ?

La psychanalyse est-elle d’abord une pratique clinique ou une conception de l’homme et de la société ?
Depuis son invention la psychanalyse est intéressée par les questions de société. Même les détracteurs de Freud le reconnaissent implicitement, qui encore de nos jours lui reprochent d’avoir inventé ses théories à partir des préoccupations des bourgeois du XIXème siècle et qui ne seraient par conséquent plus valables pour notre société postmoderne.
 

Quel intérêt peut-on accorder aux rêves ?

Freud invente la psychanalyse en travaillant d’abord sur ses propres rêves. Son intérêt pour eux ne se dément pas. Il continue sa vie entière à leur donner une place essentielle dans la compréhension de la vie psychique. Ils sont pour lui « la voie royale vers l’inconscient » parce qu’ils mettent en scène la réalisation de nos désirs enfouis, même si c’est de manière masquée et apparemment incompréhensible.

A quoi ça sert de rêver ?

Il y a cet état qu’on nomme sommeil, où nous ne sommes pas conscients de nos pensées et de nos sentiments, où la relation perceptive avec le monde est suspendue, où – en principe ! – la motricité ne s’exerce plus. Et pourtant il s’y passe des choses…

Faut-il s’empêcher de lire des textes psychanalytiques ?

Question : Dans le livre « Les mots pour le dire » de Marie Cardinal, il est tout à fait déconseillé de s’informer sur la psychanalyse et de lire des textes, tout ça pour favoriser le fait d’utiliser ses propres mots. Etes-vous d’accord avec cela, faut-il s’empêcher de lire sur ce sujet ?

Patient à venir, patient en cure, que cherche-t-on dans les ouvrages spécialisés si ce n’est soi ? Le profane en attend d’être renseigné sur sa souffrance, sur les difficultés qu’il éprouve, leur diagnostic, le pronostic, leur interprétation et, au fond, la manière de s’en débarrasser.

Y a-t-il compatibilité entre cure psychanalytique et médicaments ?

L’industrie pharmaceutique, s’inscrivant dans le discours capitaliste, tente de répondre au malaise de la civilisation par la production de médicaments psychotropes visant à réduire les douleurs psychiques. Elle vient pallier – par la voie scientifique – à la solution « naturelle » qu’est la toxicomanie. Les êtres humains ont, en effet, de tous temps, tenté de supporter la lourdeur d’exister avec l’aide de stupéfiants, à défaut de pouvoir le faire par la voie de la sublimation comme le travail scientifique, l’art ou la religion. La grande névrose contemporaine est la carence paternelle devant la promesse de jouissance sans limite  proposée par notre société. Les psychotropes sont, dans la même optique, proposés au consommateur comme une euphorie en pilules garantie sous le couvert de la science.

Ce que je dis à un psychanalyste, reste-t-il confidentiel ?

Cette question touche un point d’éthique qui fonde ma pratique, la pratique de la psychanalyse. Car, y a-t-il aujourd’hui d’autres lieux où se garantit la confidentialité de la parole énoncée ? Dans nos sociétés modernes, où le phantasme de transparence rejoint la pratique de l’évaluation statistique, même le secret médical est contesté, et on y parle de la nécessité d’un « secret partagé » avec les services sociaux.

Comment les psychanalystes peuvent-ils aider les enfants autistes et leurs familles?

L’autisme est un trouble du développement dont l’étiologie précise encore inconnue, est quasi certainement plurifactorielle. Une prédisposition à base biologique est très probable, tout autant que son caractère inné décrit dès le départ par Leo Kanner en 1943. La gravité du trouble, tout autant que la grande diversité des profils cliniques des enfants  présentant des troubles de la relation, de la communication et des intérêts, a motivé des recherches variées dans tous les métiers concernés par le soin aux enfants. Après soixante ans de travail, il semble que nous puissions maintenant concevoir une synthèse des monceaux de connaissances accumulées dans les nombreux domaines concernés par les troubles du développement.