Une psychanalyse, pourquoi ça fait mal ?

Visiteur: (…) Oui j’ai des questions: Pourquoi la psychanalyse fait mal?

Squiggle: Je ne suis pas certain de comprendre votre question. Que voulez-vous dire par "fait mal"?

Visiteur: Je veux dire "est douloureuse" par exemple, ou "fait souffrir". On dit parfois "il faut souffrir pour être beau", ça sonne comme une évidence. Avec la psychanalyse aussi, on peut être plus soi-même, être plus libre, être plus "beau", mais il faut traverser des grandes aires de souffrance. Et bien sûr ça a l’air normal, "il faut relire la page pour pouvoir la tourner", "on ne digère que ce qu’on a gouté", etc… c’est du savoir populaire, mais pourquoi en est-il ainsi? pourquoi faut-il souffrir pour être beau? pourquoi la psychanalyse doit-elle faire mal?
Je conviens que ma question est peut être un peu naïve, mais c’est une vraie question pourtant.

Mon psychanalyste veut-il mon bien ?

J’ai rencontré la question sous des formulations diverses au cours de séances de psychanalyses. Avec pertinence. Les analysants ont bien des motifs de se poser cette question. Au mot bien est attaché des connotations différentes : le bien-être, l’argent, l’amour, … L’analyste me veut-il quelque chose, que me veut-il, veut-il mon argent, veut-il mon amour, me veut-il sexuellement, veut-il mon bien-être et pourquoi alors ? Entre autres. Ces questions concernent le désir et la jouissance de l’autre.

Le psychanalyste est-il pour ou contre le mariage des homosexuels ? Pour ou contre l’adoption par des homosexuels ?

Ni pour ni contre. Mais le psychanalyste peut éclairer la réflexion. Il peut aider à comprendre l’essentiel : ces requêtes ne correspondent pas à une simple extension des pratiques à des destinataires qui en seraient lésés. Elles correspondraient à une modification de ces pratiques. Du coup s’impose de réfléchir l’incidence qu’aurait cette modification sur l’enfant, non seulement sur l’enfant concerné, mais sur tous les enfants. Car ce qu’une loi énoncera quant au principe du lien d’un enfant avec ses parents, cela vaudra pour tous.

Comment choisir son psychanalyste ?

Quand, en raison de la souffrance psychique qu’elle éprouve, une personne se résout à entreprendre un traitement psychanalytique, la question se pose pour elle de savoir vers qui se tourner. Cette décision importante peut avoir des conséquences sur l’existence dans son ensemble et il est donc nécessaire d’y consacrer une grande attention. Le choix du psychanalyste doit s’effectuer en fonction de deux critères : d’une part sa compétence professionnelle ; d’autre part sa compatibilité avec le futur patient.

Le psychanalyste doit-il se préoccuper de la réalité sociale ?

A la périphérie des grandes villes, sur mon territoire clinique, les pathologies sont criantes. Travail sous contrainte de temps, harcèlement, emploi précaire, déqualification, chômage  sont le lot quotidien des patients de la consultation « souffrance et travail »…Là, entre ces murs, la situation sociale de mes patients ne peut être ignorée. Le réel entre en force dans le matériel clinique. Si le psychanalyste se préoccupe de la situation sociale de son patient, c’est qu’il s’agit bien  d’avoir les moyens de continuer à penser.

Les rêves sont – ils a écrire entre les séances ?

Le rêve est une formation de l’inconscient comme le lapsus, l’acte manqué ou le symptôme. A ce titre de formation de l’inconscient il va être déchiffrable dans le travail analytique. La cure analytique permet de diminuer la souffrance, lever le symptôme et dépasser l’angoisse. Elle s’effectue avec l’aide de l’analyste dont le désir vise à déchiffrer la modalité de jouissance de l’inconscient de son analysant.

A quoi ça sert de rêver ?

Il y a cet état qu’on nomme sommeil, où nous ne sommes pas conscients de nos pensées et de nos sentiments, où la relation perceptive avec le monde est suspendue, où – en principe ! – la motricité ne s’exerce plus. Et pourtant il s’y passe des choses…

Les psychanalystes peuvent-ils, en tant qu’analystes, dire quelque chose du politique?

Dans Vienne fin de siècle, Carl Schorske écrit : « Freud ne prête aucune attention au fait qu’Œdipe était roi. Pour lui […] la quête d’Œdipe était morale et intellectuelle : échapper à son destin et parvenir à la connaissance de soi. Il n’en allait pas de même pour les Grecs. L’Œdipe roi de Sophocle ne peut se comprendre que comme une res publica (chose publique) dont le héros royal est poussé par un impératif politique : écarter la peste de Thèbes. […] En réduisant la politique à des catégories psychologiques personnelles, Freud rétablit l’ordre, au niveau personnel, mais il ne rétablit pas l’ordre public. »