Laurent Joffrin | Nouvel Observateur | 14-09-2005

 

Que n’avions-nous pas fait en titrant «Faut-il en finir avec la psychanalyse?»! La violence des réactions, nous accusant parfois de pratiquer l’attaque ad hominem, «dans la plus pure rhétorique fascisante, la même qui prônait le "gouvernement des élites" contre la démocratie (aujourd’hui l’empire des experts)», voire nous comparant aux auteurs de «campagnes» régulièrement organisées «dans les pays du bloc soviétique»! Nous avons choisi de ne pas publier ces invectives, privilégiant le courrier le plus argumenté, soit pour critiquer notre dossier, soit pour l’approuver. Une grande partie des lettres reçues portant sur ce dossier, nous avons choisi d’y consacrer toute «la Parole aux lecteurs», et même d’y ajouter une page, en conservant néanmoins la «lettre de la personnalité» sur un tout autre sujet.

 

La parole aux lecteurs

Vous n’hésitez pas à ouvrir les débats
Je tenais à vous féliciter pour votre dossier sur la psychanalyse. Enfin, du vrai journalisme non influencé par les amis ou la propre analyse du journaliste qui écrit. (…) Après un long parcours psychanalytique, j’ai abandonné cette approche dans ma pratique pour le plus grand bien de mes patients. Je vois tous les jours les dégâts ,y compris chez des patients pris en charge par des psychanalystes ayant pignon sur rue et qui se targuent de détenir la vérité (le mythe du déplacement de symptôme, le travail en profondeur de la psychanalyse). La désinformation sur les autres pratiques privent nos concitoyens d’un soulagement de leurs troubles. Faisons évoluer les choses…
Christian ZACZYK, psychiatre, auteur de «l’Agressivité au quotidien» et de «Comment avoir de bonnes relations avec les autres» (Odile Jacob)

Une certaine image de l’homme
La controverse actuelle dont la psychanalyse est l’objet est un débat extrêmement sérieux, dont l’enjeu est l’image que l’homme a de lui-même. (…) D’un côté, nous avons les «antipsychanalyse», c’est-à-dire en réalité les milieux cognitivistes qui véhiculent une image de l’homme réduit au statut d’agencement moléculaire et où la pensée est comprise comme résultant de l’activité sécrétoire d’un tissu organique réduit lui-même à l’infini de la matière. Ainsi, la pensée aurait le même statut que la salive, le mucus bronchique, les sécrétions intestinales… Nous ne savons pas encore si, sur le plan scientifique, ces milieux ont tort ou raison. Mais l’image de l’homme qu’ils véhiculent n’est pas conforme aux valeurs élémentaires de notre culture. Si on les suit dans leur raisonnement, l’homme aurait définitivement acquis le statut d’une chose tant il se trouve réduit à un simple nœud dans un réseau sur lequel il n’a aucune prise. (…)
En face, les milieux «propsychanalyse», dont certains pèchent par excès de dogmatisme, voire d’esprit de chapelle. La rigueur et la modestie scientifiques exigent que rien ne puisse échapper à la critique méthodique et que la polémique et les attaques personnelles n’aient pas leur place dans le débat d’idées. Nul ne discute le caractère critiquable de la théorie psychanalytique, qui demeure, faut-il le rappeler, une «théorie» et qui n’est pas une vérité révélée. Freud n’était sans doute pas un homme irréprochable, Galilée non plus, et bien d’autres encore qui ont révolutionné notre regard sur le monde et sur nous-mêmes. La psychanalyse a sans doute tort sur toute la ligne, sauf une seule, à savoir une certaine image de l’homme, même si cette dernière peut paraître réductionniste aux yeux de certains. (…) Il est triste de voir que «le Nouvel Observateur» se laisse prendre au piège, car votre dossier semble prendre parti pour l’un des protagonistes. C’est pourquoi ce dossier s’apparenterait plus à la propagande idéologique. Dommage pour l’esprit critique auquel vous avez toujours habitué vos lecteurs.
Antoine COURBAN, docteur en médecine, chirurgien

Nous, parents d’enfants autistes…
Je suis la maman d’un enfant autiste de 6 ans. Nous avons été pendant trois ans les victimes de la psychanalyse, comme beaucoup de mères d’enfants autistes encore aujourd’hui; certains pédopsychiatres m’ont clairement dit que mon fils présentait des troubles autistiques à cause de notre relation fusionnelle, que s’il ne parlait plus c’était que je ne lui donnais pas envie de parler, et que je ne laissais certainement pas assez de place au père. Pendant trois ans, il a été suivi dans un centre médico-psychologique (antenne de l’hôpital, remboursé par la Sécurité sociale), sans qu’aucune évaluation (du styleprofil psycho-éducatif), sans qu’aucune analyse (scanner, IRM, électro-encéphalogramme, analyse génétique) n’ait été prescrite par les psychiatres, puisque j’étais responsable de l’état de mon enfant. Qui a pourtant continué à se dégrader malgré leurs bons soins et la psychothérapie que du haut de ses 2 ans et demi il a suivi pendant trois ans! Il n’a commencé à progresser que depuis que nous avons mis en place à nos frais une thérapie en analyse appliquée du comportement (ABA). Alors bravo pour vos articles, bravo d’oser enfin vous attaquer à cet empire sacro-saint qu’est la psychanalyse (baptisée psyKK parmi ses victimes et parents d’enfants autistes). Bravo car grâce à vous, nous, parents d’enfants autistes qui utilisons des méthodes comportementales (seules thérapies ayant fait l’objet d’une validation scientifique) pour soigner nos enfants, nous ne seront plus regardés comme des adeptes d’une quelconque secte.
Karina ALT, Antenne 78: Association Léa pour Samy – la Voix de l’Enfant autiste

TCC: une rhétorique néolibérale
Science ou non, voici ce qui légitimerait l’existence de la psychanalyse. Place donc à l’expérimentation, aux hypothèses vérifiables et vérifiées, aux échelles évaluatives, aux tests en tout genre et à leurs applications directes: au dressage des comportements (en référence à une norme), au dictage des conduites à suivre. Et il est évident que parfois ça marche: on vit dans une société d’assistés qui refuse toute responsabilité et dont l’autonomie et la liberté font peur: surtout, ne pas réfléchir!
La psychanalyse, loin d’être parfaite, prend le temps, traite la subjectivité là où les TCC prônent la rapidité, est objective, en parfaite adéquation avec la demande non plus de patients, mais d’«usagers» qu’il faut satisfaire. La psychothérapie est devenue un business. La rhétorique est empruntée, chez les TCC, à l’économie néo-libérale et est donc en phase avec elle avec ce triptyque: rapidité/effica-cité/rentabilité, et ce quel qu’en soit le coût (je ne parle pas ici du coût financier puis-que ces thérapies prétendent guérir tout, vite et bien…). Etre «efficace», vouloir le «bien», au nom de quelle morale? (Le scientisme est le nouveau discours moralisateur de la Science.) (…)
Les TCC ne pensent pas: ils appliquent. Pour la science, l’amour n’est que chimie et molécules. La psychanalyse n’est ni croyance, ni sagesse, ni philosophie, ni spiritualité (qu’un ancien psychanalyste comme Van Rillaer compare ça au yoga ou au bouddhisme est tordant! Il a bien fait de changer de métier!), ni littérature. Les TCC s’inscrivent dans le droit-fil des utopies de la science d’aujourd’hui: «Le bonheur et la santé pour tous, vite fait et bien fait!» C’est validé scientifiquement, on vous dit: ce qui est valable pour l’un est valable pour un autre. Cela fait partie des lois scientifiques: être objectif, généraliser, démontrer (tiens, le positivisme, le «visible», est de retour…). Cordialement!
Fabien GALZIN, psychologue

Je ne peux pas entendre parler de guerre
 Je suis psychothérapeute, j’ai été supervisée par plusieurs superviseurs, tous étaient eux-mêmes supervisés… Je peux envoyer quelqu’un suivre une TCC et vice versa. Je m’appuie entre autre sur un langage psychanalytique avec les médecins, psychiatres. J’ai la sensation que nous venons de la même planète. Lorsque je vous lis, j’en doute… Je ne peux pas travailler avec la souffrance humaine et entendre parler de guerre…. Quelque chose dérape, et cela pourrait devenir dangereux pour l’humanité.
Florence BIRÈNE

 

Nous ne sommes pas à Vienne dans les années 1920 !  
J’attendais cette prise de position publique depuis bien longtemps. Psychiatre, chef de service hospitalier, j’utilise au sein de mon service des approches psychothérapiques très différentes et à mon sens extrêmement complémentaires : analytique, cognitive et comportementale, motivationelle, supportive et
de relaxation. En pratique (depuis vingt ans),
je constate :
– que moins de 10% des patient(e)s qui tireraient bénéfice d’un travail analytique peuvent y parvenir pour des raisons financières.
– que de très nombreux patients ont traîné des symptômes et des souffrances qui rendaient impossible le travail psychothérapique analytique censé les en soulager sans que leurs analystes aient, à un moment où un autre, songé à les adresser à d’autres approches (médicamenteuses, comportementales, sociales). Je précise que ces symptômes pouvaient exposer les patients à des risques majeurs (dépression, suicide, alcoolisme…).
En fait, le positionnement des analystes pour s’opposer à l’évaluation de l’efficacité est aussi pathétique que celui de nos confrères homéopathes. Leur attitude consiste à faire comme si nous étions encore à Vienne dans les années 1920. Le refuge de la « singularité » de cette approche pour soutenir sa marginalité mais échapper aux contraintes des espoirs d’amélioration de la vie des hommes et des femmes qui s’y engagent à grands coûts (psychiques et financiers) est irresponsable.
Enfin, le rejet méprisant des analystes pour les autres approches psychothérapiques est dramatique : qualifier les thérapies comportementales de « dressage », comme l’a fait la très estimable Elisabeth Roudinesco dans le journal « l’Express » pour torpiller votre dossier est dramatique de caricaturisation, et inquiétant pour ce qu’il révèle de méconnaissance chez une grande intellectuelle. 
Philippe BATEL, psychiatre, chef de service à l’hôpital Beaujon

Le goût de l’aventure
C’est merveilleux, ce livre noir. Les personnages le disputent aux auteurs, en nombre et en qualités (sérieux, scientificité, renom). Ils savent, eux, ce qu’est la psychanalyse. Loin de les envier je les plains, moi qui m’efforce de l’exercer pour l’ignorer moins, ce qui n’est pas facile. Je l’ai, il est vrai, éprouvée sur moi-même. Archiphobique à 20 ans après une névrose infantile mal cicatrisée, ne pouvant plus ni rentrer chez moi ni en sortir, terrassée par des attaques de panique capables de faire perdre son sang-froid à mon médecin d’alors qui en raison de mes montées de tension artérielle me prescrivait toutes sortes de calmants et constatait leurs effets paradoxaux, j’ai bravé l’antifreudisme de mon milieu parisien et littéraire et suis allée m’allonger. (…) Analysante, heureuse analysante. Là, ma panique cess au bout de trois mois. Comme par enchantement. J’aurais dû m’en tenir là, dites-vous? Mais qu’aurais-je donc fait? Car enchantée, en effet, je l’étais! Oh les beaux jours, j’ai payé pour respirer et me taire pendant sept années. Sept années pour décanter mon amour immodéré du père. Et poursuivre, pendant vingt autres années, au-delà. Nous y sommes.
Je me rappelle avoir dit à ma première analyste: «Le monde va si bien (enfin, le petit nôtre d’alors), et moi si mal. Quand j’irai bien, comment ira notre monde?» Eh bien, je vous le donne en mille, ce monde, je ne l’ai pas racheté. Ni mon coin de paradis, d’ailleurs. Je n’en donnerais ni n’en voudrais trois sous. Mais j’ai pris sur ces divans le goût de ce qui n’a pas de prix: l’aventure.
Nathalie Georges Lambrichs, psychologue, enseignante, psychanalyste

Un «mode d’emploi» pour la vie
Il me semble que dans l’opposition entre psychanalyse ou thérapies analytiques et thérapies comportementales un «effet secondaire» mais néanmoins important n’est pas évoqué. Supposons que, par l’une ou l’autre technique, le patient acquière une capacité de vie autonome à peu près égale. Dans le cas de la thérapie comportementale, il a pu dépasser des blocages, dont les manifestations apparentes lui rendaient la vie impossible ou trop difficile, et donc il peut enfin se situer dans la vie sociale avec ses potentialités propres.
Dans le cas où une psychothérapie analytique, sans aucun doute plus longue, lui aura permis de faire tout un chemin au niveau de l’inconscient (qui ne se vide jamais tout à fait, loin de là, que celui qui en doute se rassure!), non seulement il accédera lui aussi à une vie autonome plus sereine, mais il aura acquis comme un «mode d’emploi» qui ne cessera de l’aider tout au long de la vie à mieux saisir et ajuster ses réactions. il aura intégré par expérience comment on fonctionne et par exemple, pour une mère ou un père de famille, cela lui permettra souvent d’être un meilleur éducateur (non pas parce qu’il psychanalyserait ses enfants, mais parce que, l’ayant vécu lui-même, il saura entre autre chose que tout ne relève pas de la volonté).
Danielle SARRIOT CHEVALLIER, psychothérapeute

Les preuves et l’épreuve
Les auteurs du dossier ont clairement un problème narcissique avec Freud. Ils ne veulent pas qu’on l’adore ou qu’on le célèbre. Eh bien soit, d’ailleurs il n’est pas adorable, mais il est vraiment célèbre: son idée, toute notre culture se l’approprie chaque jour avec profit. Il a eu la chance d’articuler une masse de donnés disponibles, et d’en faire un moyen d’entendre – à ne pas mettre dans toutes les mains. Il n’a rien «inventé»? Certes, tout ce qu’il a dit se retrouve dans les grands romans, donc dans celui de chacun. Drôle de paradoxe: ses idées, on les trouve dans la vie, elles y sont donc déjà, alors il n’a rien inventé… Le nerf de la psychanalyse ne relève pas des preuves, mais de l’épreuve, celle d’une certaine faille intrinsèque à l’être humain, faille qui lui rend la vie impossible et en même temps très possible et féconde. Ce nerf fait que le point de vue technologique et de grande consommation n’y trouve pas son compte: on veut des thérapies répétables, pour lesquelles on puisse former de grandes cohortes de soignants, qui répéteront la même chose. Pourquoi pas? Si ça peut être utile… Si on peut aider quelqu’un qui a peur en réfutant une à une toutes ses raisons d’avoir peur, pourquoi pas? Il lui restera simplement sa vraie peur, celle qui est sans raison. Cela ne veut même pas dire qu’un analyste la lui enlèvera, cela veut dire seulement qu’il y a dans l’humain quelque chose d’incurable, d’inaméliorable, grâce à quoi il a des sursauts éclatants et des trouvailles étonnantes. Le Livre noir reproche à la psychanalyse de n’être pas scientifique; or ce n’est pas une science. Le paradoxe comique est que Freud s’est acharné à montrer qu’elle est une science, au prix de quelques minces tricheries, parce qu’il voulait la faire reconnaître; et voilà qu’elle est largement reconnue, par ailleurs, sans être une science.
Daniel SIBONY, psychanalyste, écrivain

« L’Obs » a-t-il trahi les psys? par Laurent Joffrin
En posant une question provocante – Faut-il en finir avec la psychanalyse? -, avons-nous déclaré la guerre à nos amis psychanalystes? Non. Nous les avons bousculés, ce qui est désagréable mais très différent. Et nous avons surtout pensé… aux patients.
Notre journal est né en partie de sa proximité avec le mouvement psychanalytique. Il ne renie pas ses origines. La pensée de Freud et de ses continuateurs reste pour nous, en même temps qu’un monument du XXe siècle, une référence indispensable.
Mais nous n’avons jamais pensé que la psychanalyse devait détenir, sur l’étude de l’esprit humain, une sorte de monopole qui interdirait toute parole différente. Pensée forte, pratique séculaire, la psychanalyse ne peut pas craindre l’interrogation, serait-elle virulente. Elle en a vu d’autres.
Plusieurs fois, dans le débat sur l’héritage Dolto, sur les thérapies comportementales, sur l’usage des psychotropes, nous avons ouvert la discussion, toujours ardente, toujours passionnante. Cette fois nous nous sommes appuyés à dessein sur un livre polémique écrit par des adversaires du freudisme, souvent rattachés à ce qu’il est convenu d’appeler les «TCC», les thérapies cognitivo-comportementales. Ceux-ci sont des professionnels du soin, des historiens ou des psychiatres reconnus, qui ont pignon sur rue et occupent souvent des chaires prestigieuses ou des responsabilités éminentes. Ils cherchent à réduire les symptômes des patients en souffrance en modifiant leur comportement alors que la psychanalyse remonte aux causes profondes des troubles, dans un lent travail des analysés sur eux-mêmes. Deux approches légitimes, radicalement différentes, peut-être complémentaires, entre lesquelles les patients doivent se reconnaître et sur lesquelles, donc, ils doivent être informés.
Le «Livre noir de la psychanalyse» (1) est à la fois une somme savante et un réquisitoire brutal. Partial? Certes. Mais il nous a semblé qu’il soulevait des questions qui ne pouvaient rester sans réponse. Freud a-t-il toujours dit la vérité? Les concepts de la psychanalyse sont-ils démentis par la science contemporaine (et la formule a-t-elle un sens)? Quid de l’efficacité des thérapies freudiennes (et la formule a-t-elle un sens)? Ces questions sont aujourd’hui publiques: c’était notre but. Pour équilibrer notre dossier, nous avons d’abord fait appel à l’historienne de la psychanalyse la plus connue en France, Elisabeth Roudinesco, femme de grande capacité. C’est là que nos surprises ont commencé. Elisabeth Roudinesco a d’abord refusé de débattre avec un quelconque auteur du «Livre noir». Elle nous a ensuite encouragés à passer sous silence l’ouvrage et à remplacer les extraits prévus par un long entretien avec elle. Le livre, disait-elle en substance, est politiquement louche, à la limite de l’antisémitisme. Accusation aussi grave que ridicule quand on connaît les auteurs du livre.
Il nous est vite apparu que la réaction d’Elisabeth Roudinesco était partagée par un petit groupe qui a déployé toutes sortes d’efforts pour discréditer à l’avance le «Livre noir», et le journal qui s’en faisait l’écho. Alors même que l’immense majorité des psychanalystes, convaincus que les règles de la délibération rationnelle suffiront à démontrer la fausseté des théories adverses, acceptent évidemment le débat. C’est ce qu’a fait dans nos colonnes Alain de Mijolla, psychanalyste courageux et tolérant, auteur d’un dictionnaire de la psychanalyse qui fait autorité.
Pendant ce temps-là, le petit groupe en question, tout en mettant en doute les capacités intellectuelles de la direction de «l’Obs» (question qui mérite effectivement d’être posée à tout moment), continue de qualifier de «fascistes», «d’ultra-libéraux», «d’agents des trust pharmaceutiques», «de rouages d’une machine destinée à fournir au capital des individus formatés» les tenants de la psychothérapie sans Freud. Toutes expressions pittoresques qui nous ramènent à des temps très anciens, mais qui ne font guère progresser la discussion.
Cette discussion, notre journal continuera de la mener en donnant la parole à tous les protagonistes, sans se laisser intimider par un terrorisme intellectuel en peau de lapin qui ne sert pas les défenseurs de la cause freudienne.

(1) Editions les Arènes.