Psychanalyse : vers une mise en ordre ?

Septembre 2006 – Publication aux éditions La Dispute de l’ouvrage coordonné par Franck Chaumon avec des textes de Patrick Chemla, Roger Ferreri, Olivier Grignon, Vincent Perdigon, Michel Plon, psychanalystes, Yves Clot, psychologue. Guillaume Leblanc, philosophe, Philippe Pignarre, essayiste. Jack Ralite, sénateur.

 

Psychanalyse : vers une mise en ordre ? par Franck Chaumon

L’actualité de ce livre réside dans son titre : la question est posée de savoir si notre monde n’est pas celui de l’ordre, des procédures, de la norme, des garanties, et si la psychanalyse comme telle ne risque pas se voir mise en ordre elle-même, cédant au souci de sécurité, à l’esprit de sérieux, à la pression de l’air du temps.

Le parcours proposé dans cet ouvrage interprète la volonté de réglementation des psychothérapies, comme symptôme de la politique postmoderne. C’est bien parce que quelque chose est en train de changer dans l’art de gouverner, que la menace qui pèse sur la psychanalyse a pris aujourd’hui une coloration nouvelle. Quelque chose dans le discours contemporain a changé qui place l’intime au cœur du politique et fait de la psychologie un rouage essentiel de la gestion des hommes.

La santé des corps et des esprits est devenue un enjeu majeur, un souci partagé, un impératif, une biopolitique. Le bien-être se produit comme fiction, tout comme la souffrance qui se fait demande, et c’est ce qu’a compris de longue date l’industrie pharmaceutique, non sans produire des effets sur la clinique elle-même. Réduire la demande à une quête d’objet, à une recherche de réponse utile, c’est à dire évaluable, comptable, contrôlable, tel est l’horizon dans lequel s’inscrit la volonté de réglementation des psychothérapies et partant de la psychanalyse.

Le débat autour de cette loi a été hélas confiné pour l’essentiel aux enjeux stratégiques des négociations avec l’Etat, et a évité la question majeure qui est celle de la place de la psychanalyse dans la société d’aujourd’hui

Ce livre soutient qu’il est possible, qu’il est nécessaire de poursuivre le débat. Plusieurs textes de psychanalystes y contribuent, dans leur diversité, et leur commun refus de toute réglementation. D’autres auteurs, philosophe, psychologue, essayiste y participent également, ainsi que Jack Ralite, qui contribuent à ouvrir l’horizon du débat.

Quel que soit le devenir de la visée étatique de réglementation des psychothérapies et la manière dont la psychanalyse en sera saisie, la question posée ne saurait désormais être considérée comme réglée. Il s’agit au contraire de la déplier. On espère que ce livre y contribuera.