Quelle est la place de la sexualité dans la psychanalyse ?
Si je fais une psychanalyse, vais-je divorcer, perdre la foi ?
Cette question me paraît très légitime. Avant d’entreprendre une démarche thérapeutique d’envergure on aimerait en connaître les avantages et les risques.
Faut-il s’empêcher de lire des textes psychanalytiques ?
Question : Dans le livre « Les mots pour le dire » de Marie Cardinal, il est tout à fait déconseillé de s’informer sur la psychanalyse et de lire des textes, tout ça pour favoriser le fait d’utiliser ses propres mots. Etes-vous d’accord avec cela, faut-il s’empêcher de lire sur ce sujet ?
Patient à venir, patient en cure, que cherche-t-on dans les ouvrages spécialisés si ce n’est soi ? Le profane en attend d’être renseigné sur sa souffrance, sur les difficultés qu’il éprouve, leur diagnostic, le pronostic, leur interprétation et, au fond, la manière de s’en débarrasser.
La psychanalyse fait-elle perdre la foi religieuse ?
C’était une des questions que je me posais lorsqu’à vingt ans, je décidai d’entreprendre une première psychanalyse. D’éducation chrétienne, j’étais déjà passionné par l’humain et ce qui se vit en lui aux profondeurs. J’avais donc entrepris simultanément des études de psychologie et de théologie (toutes deux menées à terme) et, très attaché à ma foi religieuse, j’avais posé cette question à un psychanalyste renommé qui se déclarait athée. En bon psychanalyste honnête et respectueux d’autrui, il me répondit que dans le domaine religieux comme dans les autres, ce qui se mêlait à ma névrose personnelle serait analysé comme tel et susceptible de profonde évolution, tandis que ce qui relevait du champ de la conscience mûrirait au fil de l’analyse, y compris dans le domaine spirituel.
Le psychodrame, un drame ?
Psychodrame au Parlement ou à Beyrouth, titrent les journaux… Contrairement, à ce que véhiculent les médias, le psychodrame est une méthode psychothérapeutique qui n’a rien de dramatique. Tout commence même par une histoire d’enfants :
Qui est « auteur » en psychanalyse ?
Si dans la question de ce titre il ne s’agissait seulement que de l’auteur, en tant que père (ou mère d’ailleurs, pourquoi pas ?) d’une théorie, l’affaire serait immédiatement entendue.
La psychanalyse tarit-elle la créativité ?
La psychanalyse, un « procédé médical » ?
« La psychanalyse est un procédé médical qui vise à la guérison de certaines
formes de nervosité (névroses) au moyen d’une technique psychologique »
Freud 1913 : Das Interesse an der Psychoanalyse, Scientia, 14 : 240-250 et
369-384. Trad Fr OCF PUF Tome XII, p 95-125 (p 99).
La psychanalyse peut-elle m’aider à me libérer ?
Souvent, face à des étudiants auxquels je présente la compréhension psychanalytique de la psyché, je rencontre toutes sortes de regards : ceux dans lesquels brille une étincelle qui m’informe que ma parole a rencontré un écho intérieur, ceux qui expriment du scepticisme, de l’incrédulité ou carrément de l’hostilité.
En quoi la formation universitaire à la psychologie ne peut elle se réclamer d’une formation psychanalytique et de la technique du transfert ?
Pour répondre à la question ci-dessus, tentons de définir les trois items.
1. La formation universitaire à la psychologie comporte durant les premières années des enseignements obligatoires en neurophysiologie, en statistiques, en anglais, en psychologie sociale, du développement, clinique, pathologique, cognitive et en législation de l’internement psychiatrique, ainsi que des stages en institutions. Certains enseignements, optionnels, sont à choisir parmi des listes. Par exemple, les techniques projectives (Rorchach, TAT), le conditionnement et l’apprentissage, etc.. Le tout est évalué et noté par les enseignants.
Ce nazisme qui fascine
Ce texte est paru dans Libération le 24 janvier 2007
Face à l’intérêt actuel sur le bourreau, il faut essayer de comprendre ce qui fit l’humiliation française.
Ma vie textuelle
Paru dans Libération le 04 mai 2006
Lorsque j’ouvre un texte, son sens s’offre à moi avec évidence. Mais en suivant la trame qui m’est proposée, je bute parfois sur des obstacles ou des éléments qui invalident ma compréhension préalable. Comme si, d’un coup d’énigme, la bouche du texte se refermait sur sa propre parole. Face à ce blocage de compréhension, mon seul recours est de deviner les mots de l’énigme en interrogeant tout ce que je trouve. L’oeuvre devient un vaste champ d’associations internes. Je tente de relier événements, personnages, mots, idées et procédés langagiers à partir d’une énigme particulière : pourquoi, par exemple, Hamlet est-il incapable de tuer l’assassin de son père ? Le texte se mue alors en un ouvrage de référence sur lui-même. Fort de ce parti pris qui confère à l’oeuvre un pouvoir d’éclaircissement, je fais l’hypothèse que l’obstacle veut exprimer ce qui en lui se réserve et qui retient la lecture. En un mot, le texte rés! iste et ce sont ces résistances que je m’emploie à analyser.
L’ivre noir, réflexions d’un clinicien
Paru dans Le Monde, le 4 mai 2006
Ah ! quelle joie, quelle jubilation de lire Le Livre noir de la psychanalyse (Les Arènes), puis quelques mois plus tard Pourquoi tant de haine (Navarin) et L’Anti-livre noir de la psychanalyse (Seuil) ! Enfin le combat a lieu, enfin ils s’affrontent – à ma grande satisfaction, pour mon grand bonheur. Quel plaisir d’assister à un conflit idéologique, de peser les arguments de chacun, y compris ceux d’une mauvaise foi exemplaire ! Ils se haïssent, se détestent, s’invectivent, se méprisent mais à tout le moins ils se répondent ! Les différences conceptuelles, philosophiques, épistémologiques, voire politiques, éclosent comme des bourgeons de printemps. Ils livrent bataille en place publique. Grand Dieu que c’est bon !
L’empreinte de Françoise Dolto et de la psychanalyse sur mon métier de pédiatre
Tout au long de mon exercice de pédiatre, les écrits de Françoise Dolto, son enseignement lors de nos rencontres à la Maisonnée de Strasbourg avec l’équipe dont j’ai fait partie… n’ont cessé de faire évoluer mon métier.
Il ne faut pas empêcher la vérité de sortir de la bouche des enfants !
Ce texte est rédigé par les Dr Sylvain Gross et Dr Jean-Pierre Lebrun pour le bureau du groupe POPP (psychiatres d’orientation psychodynamique et psychanalytique) dans le cadre de l’Appel des praticiens de l’écoute contre la bio-domestication de l’humain (Meeting à Bruxelles le 14 juin 2008 )
Depuis quelques années, nous assistons au passage subrepticement organisé mais de plus en plus évident, d’une pratique psy-médico-sociale centrée sur le malaise du sujet à une pratique gestionnaire centrée sur le contrôle de ses actes, conduites et comportements.
La violence a cent visages
Le meurtre de Joe en pleine gare centrale pour obtenir un MP3, l’agression d’un professeur par son élève, et l’assassinat dans la rue d’une femme malienne et de l’enfant qui l’accompagne dans une ville où le discours raciste est fréquent… ces événements* seraient-ils liés ? Le point commun que chacun identifiera aisément : la violence y a été mise en acte, et qui d’un peu raisonnable pour ne pas la fustiger. Mais, en dehors de ce trait commun, rien ne permet à première vue de nouer la montée de l’extrémisme et du racisme avec le passage à l’acte d’un délinquant ou avec les problèmes spécifiques de l’enseignement aujourd’hui. Mais est-ce si sûr ?
Entre langage et réel…
Ma rencontre avec la psychanalyse est double et aura marqué toute mon existence.
Quel sort réserver aux agresseurs sexuels ?
Cet article, paru le 5 juillet 2006 dans Le Soir, doit être replacé dans le contexte de l’émois provoqué par le meurtre de deux fillettes dans la région liégeoise (Belgique).
À l’heure où l’agresseur sexuel revient sur le devant de la scène, des voix discordantes s’élèvent pour s’interroger sur le sort à lui réserver, ou pour proposer des solutions radicales — quelquefois hautement toxiques pour la démocratie.
Des questions que les psychanalystes ne peuvent plus éluder
Une nouvelle figure de la peur
Ce texte est paru dans l’Humanité le 21 octobre 2006
Notre société est actuellement fascinée par la figure du monstre. Celui-ci prend dans les médias deux formes exemplaires : le pédophile et le terroriste. Il suffit d’allumer la télévision pour s’en rendre compte. Ceux-ci captivent le regard du public.
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Les psys ne sont pas nuls.
Freud polygame ?
Léna Mauger s’entretient avec Elisabeth Roudinesco pour Le Nouvel Observateur (01-02-2007)
Le sociologue Franz Maciejewski a photographié la chambre numéro 11 de l’hôtel Schweizerhaus où ont séjourné Freud et Minna. Le cliché montre des lits très rapprochés l’un de l’autre, preuve supplémentaire, selon le chercheur, d’une relation très intime entre les compagnons de voyage… «Mais en quoi peut-on garantir que la disposition des meubles est la même qu’il y a un siècle?», s’interroge Elisabeth Roudinesco.
Il est dangereux de légiférer sur le psychisme des gens [Sylvain Gross]
Sylvain Gross, propos recueillis par William Bourton | Le Soir | 25-03-2006
Vous êtes l’un des (nombreux) signataires d’une lettre ouverte au ministre de la Santé publique, Rudy Demotte, très critique vis-à-vis de son projet de clarification du titre de psychothérapeute. Que demandezvous exactement ?
Ce nazisme qui fascine
Ce texte est paru dans Libération le 24 janvier 2007
Face à l’intérêt actuel sur le bourreau, il faut essayer de comprendre ce qui fit l’humiliation française.
Quelle est la place de la sexualité dans la psychanalyse ?
Les effets de la cure psychanalytique sont-ils évaluables ?
La double inconstance du suicide
Pourquoi est-il si difficile de parler de son suicide ou de ses idées suicide ?
Dans le cours d’une psychanalyse, il est rare que le sujet évoque des idées de suicide. Il peut parfois évoquer des fantasmes de suicide bien sûr. Mais, il y a quelque chose de contradictoire entre une demande adressée à un analyste et la volonté de se supprimer. L’idée que le psychanalyste en saurait quelque chose ? La demande d’attention de la part du psychanalyste ? La recherche de sa sollicitude ? Le fait d’avoir à payer pour ce que l’on dit ?
Thése P.24

Pourquoi les psychanalystes n’arrêtent pas de citer Freud ou Lacan ?
Lorsqu’un scientifique relate une expérimentation, il ne cite plus les fondateurs de sa discipline. Lorsqu’un psychanalyste veut rendre compte de l’expérience analytique, il ne manque jamais de se référer à la découverte de Freud et, s’il est “ lacanien ”, à la façon dont Lacan la fonde. D’où la critique du scientifique à l’endroit du psychanalyste : la psychanalyse sera une science le jour où elle oubliera les noms propres de Freud et Lacan.