Combien de temps durent les bénéfices d’une psychanalyse?

Combien de temps dureront les bénéfices qu’un sujet retire d’une psychanalyse? Une fois l’analyse terminée, est-ce à dire que « tous les problèmes » seront résolus, ou, du moins, pourront l’être grâce à un travail mental relativement sommaire? Si, au contraire, surgissent de nouvelles confrontations importantes du sujet, avec lui-même ou avec son entourage, faut-il conclure à l’inefficacité de l’analyse qu’a faite ce sujet?

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Quelle est la place de la sexualité dans la psychanalyse ?

Répondre à cette question engage à vrai dire toute une conception de la psychanalyse, en théorie autant qu’en pratique, car elle touche à son aspect majeur, on pourrait même dire à son invention. Freud a en effet pu dire, à certain moment, qu’il n’avait eu, finalement, qu’une seule idée pour guide de sa création de la psychanalyse, c’est celle du sexuel infantile. Mais qu’entendait-il par là ?
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Faut-il s’empêcher de lire des textes psychanalytiques ?

Question : Dans le livre « Les mots pour le dire » de Marie Cardinal, il est tout à fait déconseillé de s’informer sur la psychanalyse et de lire des textes, tout ça pour favoriser le fait d’utiliser ses propres mots. Etes-vous d’accord avec cela, faut-il s’empêcher de lire sur ce sujet ?

Patient à venir, patient en cure, que cherche-t-on dans les ouvrages spécialisés si ce n’est soi ? Le profane en attend d’être renseigné sur sa souffrance, sur les difficultés qu’il éprouve, leur diagnostic, le pronostic, leur interprétation et, au fond, la manière de s’en débarrasser.

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À quoi sert une psychanalyse quand on hérite de familles massacrées et de pays disparus ?

On pourrait répondre : « à rien »,

si on pense qu’après une analyse on ressent moins cette douleur déchirante de voir les derniers survivants nous quitter, emportant avec eux aussi bien les souvenirs de leur enfance passée dans un ailleurs qu’on ne connaîtra jamais, que les événements insoutenables qu’ils ont traversés et qui nous laissent à jamais privilégiés et coupables d’en avoir été épargnés ;

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Les psychanalystes peuvent-ils, en tant qu’analystes, dire quelque chose du politique?

Dans Vienne fin de siècle, Carl Schorske écrit : « Freud ne prête aucune attention au fait qu’Œdipe était roi. Pour lui […] la quête d’Œdipe était morale et intellectuelle : échapper à son destin et parvenir à la connaissance de soi. Il n’en allait pas de même pour les Grecs. L’Œdipe roi de Sophocle ne peut se comprendre que comme une res publica (chose publique) dont le héros royal est poussé par un impératif politique : écarter la peste de Thèbes. […] En réduisant la politique à des catégories psychologiques personnelles, Freud rétablit l’ordre, au niveau personnel, mais il ne rétablit pas l’ordre public. »

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Quel intérêt peut-on accorder aux rêves ?

Freud invente la psychanalyse en travaillant d’abord sur ses propres rêves. Son intérêt pour eux ne se dément pas. Il continue sa vie entière à leur donner une place essentielle dans la compréhension de la vie psychique. Ils sont pour lui « la voie royale vers l’inconscient » parce qu’ils mettent en scène la réalisation de nos désirs enfouis, même si c’est de manière masquée et apparemment incompréhensible.
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En quoi la formation universitaire à la psychologie ne peut elle se réclamer d’une formation psychanalytique et de la technique du transfert ?

Pour répondre à la question ci-dessus, tentons de définir les trois items.

1. La formation universitaire à la psychologie comporte durant les premières années des enseignements obligatoires en neurophysiologie, en statistiques, en anglais, en psychologie sociale, du développement, clinique, pathologique, cognitive et en législation de l’internement psychiatrique, ainsi que des stages en institutions. Certains enseignements, optionnels, sont à choisir parmi des listes. Par exemple, les techniques projectives (Rorchach, TAT), le conditionnement et l’apprentissage, etc.. Le tout est évalué et noté par les enseignants.

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Être psychanalyste dans un hôpital, est-ce possible?

En pratiquant ni le simplisme, ni l’obscurantisme, la clinique psychanalytique, qu’est que c’est ?

Je parlerai au départ du lieu de ma pratique professionnelle : une unité d’hospitalisation psychiatrique qui accueille les expressions diverses et multiples de la psychopathologie d’aujourd’hui (dépressions sévères, accès psychotiques, assuétudes, etc.).

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Le mal pour être bien

Les raisons qui nous poussent à dévorer un pavé dont le narrateur est un SS.

Comment comprenez-vous qu’on se jette sur ce pavé – Les bienveillantes où le narrateur est un SS? Les lecteurs sont pris entre deux tendances.

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Renaissance de l’ordre moral

Un phénomène préoccupant, apparu en France depuis quelques années, vient de connaître un nouveau développement avec la surprenante décision d’un administrateur de la Comédie Française concernant la programmation d’une mise en scène d’une pièce de Peter Handke, Voyage au pays sonore, ou l’art de la question.

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La souffrance sans voix

Paru dans Libération, le 5 octobre 2005
Le débat sur la psychanalyse laisse peu entendre les premiers concernés.
J’ose tenter de prendre la balle au bond, j’ose tenter de faire entendre ma petite voix et celles de ceux qui m’ont fait l’honneur de les représenter.
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Harry Potter et la Coupe de feu

Paru dans Le Monde Diplomatique de Décembre 2005
 
Si l’on peut reconnaître un mérite à Joanne K. Rowling, c’est celui de nous déconcerter. Dans Harry Potter et la Coupe de feu, adaptation du roman homonyme qui sort actuellement sur les écrans, les pédagogues qui incarnent l’autorité parentale font un choix d’une cruauté inouïe. Ils ordonnent à Harry de participer à un tournoi réservé aux meilleurs élèves de plus de 17 ans, alors qu’il n’en a que 14 et n’est pas candidat ! Et il ne s’agit pas de n’importe quel tournoi, puisque « celui qui échouerait à une seule de ses épreuves n’aurait aucune chance de remporter le titre, ni de survivre ». En clair, l’élite des pédagogues de Poudlard décide d’envoyer un mineur à une mort certaine.
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Lacan, pour de vrai

Paru dans Le Monde, le 20 janvier 2006  (réponse au texte d’André Green paru dans Le Monde du 6 janvier)
 
Le Monde des livres » daté du 6 janvier publie dans sa page Forum un texte ainsi présenté au lecteur : « André Green dénonce la place accordée aux disciples de Jacques Lacan dans les débats actuels. » Ce document appelle plusieurs remarques de ma part.
 
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[B] Manifeste pour la Psychiatrie par le Collectif POPP

Communiqué à la presse par Bernadette Goffart, Serge Goffinet, Sylvain Gross, Joëlle Hallet, Françoise Langlet, Jean-Pierre Lebrun et Marc Segers, le 03 septembre 2005

 

Il n’est plus possible, pour beaucoup de psychiatres, psychologues, psychanalystes, psychothérapeutes, de rester insensibles à la forte poussée qu’exerce une certaine psychiatrie, allant dans le sens avoué d’imposer un axe de pensée, d’orientation clairement médicale et biologique, comme réponse principale, si pas unique, aux difficultés de nos patients et aux malaises de notre société.
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Sans illusions

Contexte:  Ce texte a été écrit alors que Beyrouth était bombardé depuis plusieurs jours (Nde)

 
 Les illusions nous rendent le service de nous épargner des sentiments pénibles
et de nous permettre d’éprouver à leur place des sentiments de satisfaction.
Sigmund Freud

Cette guerre qui se déroule en Palestine et au Liban se distingue par l’innommable déchaînement de violence, par le nombre considérable de victimes et de déplacés, le déluge de bombes, le volume des destructions, le cynisme coupable des puissances mondiales ayant le pouvoir d’y mettre un terme mais qui utilisent des euphémismes insultants pour notre intelligence dans le but de permettre la poursuite de cette folie meurtrière.

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Deuil et psychanalyse

Cette année 2006 voit la commémoration de l’anniversaire de la naissance de Freud. Pourtant, je n’ai pas souvenir que nous ayons fêté les 50 ans de la disparition du père fondateur de la psychanalyse. La France a cette époque replongeait dans les périodes de sa grande Révolution. Dans la même période, le monde voyait en direct le Mur de Berlin s’effondrer ! Mes fonctions en tant que responsable d‘une cellule psychologique pour les veuves et orphelins de sapeurs-pompiers m’ont amené à observer que l’on célèbre plus facilement la naissance d’un grand homme que sa mort. Inversement, c’est plus souvent la mort d’une grande femme que sa naissance qui est commémorée. Aussi, je pense intéressant de nous arrêter quelques instants sur certains aspects du travail de deuil mis en place pour un Père disparu.

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La France a des haines

Le recours a des tests ADN afin de fournir la preuve de liens familiaux se retrouve aujourd’hui au cœur d’un vif débat de société. Aujourd’hui, selon une étude de l’université de Nijmegen aux Pays-Bas sept pays de l’UE (Autriche, Belgique, Finlande, Lituanie, Pays-Bas, Suède et Royaume-Uni) mentionnent dans leur législation la possibilité de recourir à des tests ADN en cas d’absence de documents. La Commission européenne en rajoute dans ce sens établissant que la France ne violerait aucune règle européenne en procédant à des tests ADN pour contrôler le regroupement familial, pratique déjà utilisée dans d’autres pays de l’UE. Ainsi une lecture toute formelle de la loi ne peut faire obstacle à cette mesure.

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Pétition contre les bébés téléphages : l’alliance continue !

« On n’avait jamais vu un tel consensus ! ». Tels sont les mots par lesquels un fonctionnaire du Ministère de la Santé m’a salué hier dans un couloir. Il voulait bien entendu parler de l’unanimité des experts consultés sur les dangers des chaînes de télévision dédiées aux bébés. Mais ce consensus ne doit pas faire illusion. Les uns et les autres ont pu avoir des raisons bien différentes de condamner la télé pour les bébés. Ceux qui rêvent de voir les écrans disparaître des maisons ont joint leurs voix à ceux qui tentent de responsabiliser les familles et les pédagogues à l’importance d’une éducation aux images et aux dangers d’une télévision « pour enfants » réduite à des dispositifs publicitaires. Bref, d’un côté, ceux du : « Stop aux écrans ! », et de l’autre ceux du : « Pour bien regarder la télé, ne commençons surtout pas trop tôt, en tous cas pas avant trois ans ! ». Mais ne nous y trompons pas. Si ceux qui ont vu dans cette pétition une occasion de dénoncer les méfaits des écrans ont rejoint ceux qui réfléchissent plus globalement sur les atteintes à la dignité humaine, c’est bien de ce second côté que se situe l’enjeu, comme l’a montré la mobilisation massive du CIEM* qui s’emploie à dénoncer les violences médiatiques sous toutes leurs formes et appelle à une éducation aux médias pour tous.

La lutte continue, disions nous dans notre dernier blog. Elle change aussi. Cette pétition a montré que les professionnels ont un poids social considérable à condition de sortir de leur cabinet pour descendre dans cette nouvelle forme d’espace public qu’est l’Internet. Ils alertent, mais n’ont pas à eux seuls le pouvoir de faire bouger : il y faut l’alliance avec les associations de parents et d’usagers. Seule celle ci peut en effet faire contre poids aux groupes de pression économico-médiatiques dont nous oublions facilement le pouvoir aussitôt que nous cessons de nous opposer à eux… de telle façon que nous nous sentons libres pour autant que nous renonçons à faire usage de notre liberté. La lutte continue ? Il serait plus juste de dire : « L’alliance continue », entre professionnels, usagers et parents qui désirent apprendre, ensemble, à voir autrement… et pas seulement les écrans !

 

* Le « Collectif Inter associatif Enfance et Média », créé en 2001, regroupe les associations nationales familiales d’éducation populaire, de parents d’élèves, de syndicats d’enseignants, et des chercheurs sur les médias et l’enfance.

L’exception de la psychanalyse se dissout-elle dans sa confusion ou dans sa surdité?

J’ai envie de réagir au texte publié par 45 analystes ce mercredi 8 novembre dans La Libre Belgique sous le titre “Laisser les mains libres à la psychanalyse”. Je peux tout à fait souscrire au souci exprimé par des psychanalystes de ne pas être mangés par un projet de loi dangereux pour le respect des conditions de formation et d’exercice de la psychanalyse. C’est un enjeu politique et technique probablement important pour la psychanalyse. Mais, je voudrais ici témoigner de mon profond désaccord sur l’argumentation pour le moins étrange dont témoigne ce texte.

Une loi contre les charlatans ?

Isabelle Philippon  | Le Vif | 31-10-2006

Cela fait des années que le monde politique songe à protéger les patients en souffrance psychique contre les docteurs Folamour qui nuisent à la profession de psychothérapeute. Va-t-il enfin boucler le travail ?

Lacan parle

Conférence de Jacques Lacan à Louvain le 13 octobre 1972 et entretien avec Françoise Wolff (Emission de Françoise Wolff – RTBF)

Si la science était en mesure de régler nos difficultés existentielles, cela se saurait! [C Melman]

Charles Melman s’entretient avec Paul-François Paoli pour Le Figaro Littéraire (15-09-2005)
 
Psychiatre et psychanalyste, éditorialiste à la revue Passages, Charles Melman est le fondateur de l’Ecole lacanienne internationale. Auteur de nombreux ouvrages, notamment L’homme sans gravité (1), il réagit très vivement à la publication du Livre noir de la psychanalyse.

La reconnaissance des psys en vue

L’avant-projet de loi est quasi prêt. Mais l’Académie royale veut durcir les conditions de reconnaissance des psys.

Ricardo Gutierrez | Le Soir | 30-01-2007

Les professionnels de la santé mentale ne désespèrent pas d’obtenir enfin une reconnaissance légale… L’avant-projet de loi qui entend baliser le secteur sera discuté en intercabinets, cette semaine. Le ministre fédéral de la Santé, Rudy Demotte (PS), espère inscrire la loi à l’ordre du jour du Conseil des ministres, dans les prochaines semaines.

Les interactions précoces au risque des jeux vidéo

Quand la « vraie vie » a fait de vous un laissé pour compte, dans votre famille, votre école ou votre entreprise, la tentation est grande de changer de monde et d’y mener une nouvelle vie à l’abri d’un masque. « Sur Internet, personne ne sait que tu es un chien », entend-on parfois. Sur World of Warcraft, Everquest ou Final Fantaisy, personne ne sait que tu es un enfant battu, un élève humilié, un adolescent incompris, un jeune déscolarisé ou un chômeur de longue durée. Et même si le masque ne me permet pas toujours de me valoriser là mieux que dans la vraie vie, les épreuves que je rencontre sont au moins toujours à ma mesure, car il ne dépend que de moi, et de moi seul, de les choisir telles. Ceux qui sont ébranlés par un divorce – personnel ou parental -, un deuil ou un échec professionnel sont certains de trouver dans ces espaces la consolation que la vraie vie ne leur apporte plus. Mais, parmi tous les joueurs, les adolescents sont indiscutablement les plus menacés. C’est tout simplement parce qu’à cette période de la vie, l’identité est normalement flottante, indécise, fragile…

L’extraordinaire poussée physique est psychique de cet âge fait craquer les vernis successifs des apprentissages et réveille les blessures profondes. L’enfant qui a grandi éprouve soudain à nouveau, comme lorsqu’il était bébé, l’angoisse de se retrouver seul dans un univers vide ou dévasté, ou celle d’être livré, nu et sans défense, aux regards transperçant de créature mal intentionnées. L’adolescent oscille ainsi sans cesse entre l’illusion d’être le nouveau héros que le monde attend, et l’angoisse que personne ne s’intéresse à lui…

Et c’est là qu’interviennent les jeux vidéo. Les consoles sont en effet des machines qui ont le pouvoir d’inviter chacun à revivre ses interactions précoces, pour le meilleur… ou pour le pire.

On pourrait parodier la fameuse phrase de Jean de la Fontaine : « Selon que vous soyez puissant ou misérable… » et dire : « Selon que votre monde intérieur sera riche de quelques repères indispensables, ou que vous en serez démunis, les jeux vidéo vous aideront à franchir de nouvelles étapes, ou vous précipiteront en enfer ».