Quelles sont les différentes formes cliniques de la dépression ?

La dépression constitue le trouble psychique le plus répandu : il constitue 50% des cas de consultation psychiatrique et de 20 à 30 % des consultations chez les médecins généralistes où les patients consultent pour des troubles fonctionnels divers, selon les statistiques de l’Organisation Mondiale de la Santé. Cela s’explique par le fait qu’il existe un très large éventail de troubles dépressifs de sévérité croissante.

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Que penser de la dépression ?

« Je me sens dépressif, je n’ai plus envie de rien ». Cette phrase prononcée en consultation est presque aussi courante que celle qui évoque le « stress ». À découvrir les chiffres du suicide, aboutissement tragique d’une dépression aggravée, on apprend que la France se situe depuis les années 1975 « dans le peloton de tête avec une augmentation continue ». Et qu’elle dénombre en l’an 2000, « 11 000 décès par an, soit plus d’un suicide à l’heure ».*

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La psychanalyse marche-t-elle hors occident ?

Les peuples « traditionnels », dont le Maroc où j’écris ces lignes, disposaient d’un système explicatif des troubles et souffrances psychiques et d’une batterie de « traitements » en rapport avec la manière ancestrale de comprendre les perturbations mentales et affectives. La folie était recyclée dans la société traditionnelle grâce à ces systèmes de soins adéquats à une période historique aujourd’hui révolue : devins, voyantes, exorcistes sont les tradithérapeutes ou tradipraticiens. Tombeaux de saints et marabouts sont les lieux où certains personnages défunts sont considérés comme ayant le don de guérir et spécifiquement le trouble psychique, par exemple, Bouya Omar, au sud du Maroc, non loin de Marrakech.

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Celui qui va chez un psychanalyste, c’est un patient, un analysé, un analysant ?

Question qui n’est pas sans importance, si l’on considère que les mots font la réalité, donnent forme et existence aux choses !

Le mot patient signifie en latin « celui qui pâtit, celui qui souffre », et s’inscrit dans le registre médical. On est dans le soin, et le médecin va donc soulager son patient des maux qui le font souffrir. Nous sommes dans un discours médical, le médecin est l’agent du soin et le patient l’objet des dits-soins. Les fameuses plaintes des médecins sur la non-compliance des patients illustrent suffisamment cette relation où l’un est l’objet (de soin, certes, mais objet quand même) de l’autre.

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Comment choisir son psychanalyste ?

Quand, en raison de la souffrance psychique qu’elle éprouve, une personne se résout à entreprendre un traitement psychanalytique, la question se pose pour elle de savoir vers qui se tourner. Cette décision importante peut avoir des conséquences sur l’existence dans son ensemble et il est donc nécessaire d’y consacrer une grande attention. Le choix du psychanalyste doit s’effectuer en fonction de deux critères : d’une part sa compétence professionnelle ; d’autre part sa compatibilité avec le futur patient.

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Pourquoi les psychanalystes n’arrêtent pas de citer Freud ou Lacan ?

Lorsqu’un scientifique relate une expérimentation, il ne cite plus les fondateurs de sa discipline. Lorsqu’un psychanalyste veut rendre compte de l’expérience analytique, il ne manque jamais de se référer à la découverte de Freud et, s’il est “ lacanien ”, à la façon dont Lacan la fonde. D’où la critique du scientifique à l’endroit du psychanalyste : la psychanalyse sera une science le jour où elle oubliera les noms propres de Freud et Lacan.

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La souffrance sans voix

Paru dans Libération, le 5 octobre 2005
Le débat sur la psychanalyse laisse peu entendre les premiers concernés.
J’ose tenter de prendre la balle au bond, j’ose tenter de faire entendre ma petite voix et celles de ceux qui m’ont fait l’honneur de les représenter.

La télé-prison des modèles précoces

Lorsqu’un enfant de moins de trois ans regarde la télévision, tout lui paraît si incompréhensible qu’il cherche avant tout à retrouver des repères sur lesquels s’appuyer. Et pour cela, il choisit bien souvent d’attacher son attention à celui des personnages qui lui paraît le plus proche de lui-même par ses réactions. Mais comme les héros de ces séries sont assez stéréotypés, l’enfant s’identifie finalement toujours au même modèle : celui qui commande ou bien celui qui est commandé, celui qui cherche ou bien celui qui est cherché ou encore celui qui frappe ou bien celui qui est frappé. En s’identifiant toujours au même profil de héros, les enfants courent alors le risque de renforcer un registre relationnel exclusif. En pratique, ils prennent l’habitude de se percevoir d’une seule façon, comme agresseur, comme victime, ou comme redresseur de torts. Le danger est alors qu’ils adoptent systématiquement la même attitude dans la réalité.

C’est pourquoi le danger de la télévision, pour les très jeunes enfants, n’est pas l’adoption des modèles présentés en référence, comme pour les enfants plus grands. Il réside dans le fait que l’enfant petit, parce qu’il ne comprend rien, fige son développement psychique en prenant l’habitude de se voir toujours dans un seul rôle. La boîte à outils des identifications précoces se réduit et les possibilités du bricolage identitaire s’appauvrissent. La télévision a enfermé l’enfant dans la prison de comportements qui s’auto renforcent.

La psychanalyse peut-elle m’aider à me libérer ?

Souvent, face à des étudiants auxquels je présente la compréhension psychanalytique de la psyché, je rencontre toutes sortes de regards : ceux dans lesquels brille une étincelle qui m’informe que ma parole a rencontré un écho intérieur, ceux qui expriment du scepticisme, de l’incrédulité ou carrément de l’hostilité.

Le virtuel dissuade-t-il l’empathie ?

Patricia Greenfield s’inquiète du risque d’une perte d’empathie chez les enfants qui jouent aux jeux vidéo plutôt que de lire des livres. « A la différence d’un jeu où il s’agit de sauver une princesse et où cette performance est récompensée, la lecture d’un livre invite à en savoir plus sur la princesse et à mieux la comprendre »(1) .
Patricia Greenfield a tort et raison. Elle a tort si on prend en compte le fait que les jeunes délaisseraient la lecture au profit des jeux vidéo. En effet, la capacité d’empathie n’a pas commencé à exister lorsque les enfants se sont mis à lire et de grands lecteurs en sont singulièrement démunis, comme l’a notamment montré le degré élevé de culture parmi certains nazis. Mais surtout, l’avènement du numérique ne confronte pas seulement les jeunes à abandonner la lecture des romans pour la pratique des jeux vidéo. Elle les incite aussi à jouer des personnages de l’autre sexe : dans les espaces en réseau, un garçon peut parler et être interpellé sous une identité féminine. C’est une autre façon de développer l’empathie.
Mais Patricia Greenfield a en même temps raison d’être inquiète. La pratique des jeux vidéo en réseau – et aussi celle des nouveaux espaces virtuels du type Facebook – incite en effet à développer des relations sans corps. Or l’empathie est affaire de corps. Elle s’organise à partir des gestes partagés, des regards, des manières de parler… Dans les années 1990, cette notion développée dans le domaine artistique a même reçu une confirmation par les sciences cognitives : la seule observation du comportement d’un autre humain provoque dans le cerveau la stimulation de neurones capables de transformer les données sensorielles en actes moteurs. Les actes sont inhibés, mais les émotions et les sensations correspondantes sont ressenties.
Or dans les espaces virtuels, il n’y a pas de corps, et chacun peut interrompre instantanément sa communication avec son interlocuteur sans assister à son désapointement. La capacité d’empathie, qui est la faculté de se mettre à la place de l’autre et d’éprouver ses émotions, s’en trouve inévitablement affectée. Mais ce ne serait un problème que si la communication via Internet remplaçait totalement la communication réelle. Or une étude vient de montrer que les adolescents vont rencontrer de préférence sur Internet les camarades de leur âge qu’ils connaissent déjà. Lorsque les moments de rencontre réelle et de rencontres virtuelles se succèdent, le risque évoqué par Patricia Greenfield n’existe guère. En revanche, il pourrait bien être réel pour des personnes âgées que l’appauvrissement de la poussée hormonale incite à rester dans le virtuel…
 
(1) Quotes : Facebook et al risk « infantilising » the human mind-Media-guardian..co.uk
• “Unlike the game to rescue the princess, where the goal is to feel rewarded, the aim of reading a book is, after all, to find out more about the princess herself”.

Comme une nostalgie de divan

Du divan, aussi curieux que cela puisse paraître, je garde le souvenir d’une sorte de « villégiature ». Un souvenir printanier sur fond de ciel bleu. Une image de liberté – de vacances, au sens où l’on est vacant, enfin disponible pour soi. Ce qui n’est guère possible lorsque l’on est assailli par les soucis, les angoisses, l’incompréhension d’autrui, les déconvenues dans le travail, les déceptions de la vie amoureuse, ou l’inaptitude à en avoir une (ce qui revient sans doute au même), bref, par ce qui constitue le quotidien d’une vie de névrosé.