Quelle est la place de la sexualité dans la psychanalyse ?
La psychanalyse peut-elle dire quelque chose du politique ?
Pourquoi le psychanalyste parle-t-il si peu ?
A quoi sert la psychanalyse ?
C’est toujours la faute des mères ?
Pourquoi choisit-on une voie, une spécialité dans le domaine psychanalytique comme dans d’autres ? Le hasard n’explique pas tout, nous le savons bien et il arrive que les circonstances nous mettent en relation avec une catégorie de personnes qui provoquent en nous un écho avec notre histoire, notre inconscient.
C’est quoi au juste le transfert ?
Comment les psychanalystes peuvent-ils aider les enfants autistes et leurs familles?
L’autisme est un trouble du développement dont l’étiologie précise encore inconnue, est quasi certainement plurifactorielle. Une prédisposition à base biologique est très probable, tout autant que son caractère inné décrit dès le départ par Leo Kanner en 1943. La gravité du trouble, tout autant que la grande diversité des profils cliniques des enfants présentant des troubles de la relation, de la communication et des intérêts, a motivé des recherches variées dans tous les métiers concernés par le soin aux enfants. Après soixante ans de travail, il semble que nous puissions maintenant concevoir une synthèse des monceaux de connaissances accumulées dans les nombreux domaines concernés par les troubles du développement.
Le psychanalyste est-il pour ou contre le mariage des homosexuels ? Pour ou contre l’adoption par des homosexuels ?
Ni pour ni contre. Mais le psychanalyste peut éclairer la réflexion. Il peut aider à comprendre l’essentiel : ces requêtes ne correspondent pas à une simple extension des pratiques à des destinataires qui en seraient lésés. Elles correspondraient à une modification de ces pratiques. Du coup s’impose de réfléchir l’incidence qu’aurait cette modification sur l’enfant, non seulement sur l’enfant concerné, mais sur tous les enfants. Car ce qu’une loi énoncera quant au principe du lien d’un enfant avec ses parents, cela vaudra pour tous.
La psychanalyse marche-t-elle hors occident ?
Les peuples « traditionnels », dont le Maroc où j’écris ces lignes, disposaient d’un système explicatif des troubles et souffrances psychiques et d’une batterie de « traitements » en rapport avec la manière ancestrale de comprendre les perturbations mentales et affectives. La folie était recyclée dans la société traditionnelle grâce à ces systèmes de soins adéquats à une période historique aujourd’hui révolue : devins, voyantes, exorcistes sont les tradithérapeutes ou tradipraticiens. Tombeaux de saints et marabouts sont les lieux où certains personnages défunts sont considérés comme ayant le don de guérir et spécifiquement le trouble psychique, par exemple, Bouya Omar, au sud du Maroc, non loin de Marrakech.
Une psychanalyse, Pourquoi ? Comment ?
Ils ou elles ne sont pas malades au sens organique du terme. Pas de fièvre, pas de sang, pas de douleurs physiques. Enfin pas toujours. Les examens réclamés par le médecin généraliste, puis par le spécialiste consulté sur recommandation du premier, se sont révélés négatifs. En apparence donc, tout va bien. Mais au fond, ils ou elles sentent bien que « ça ne va pas ». Ils ou elles éprouvent par exemple d’étranges sensations de mal-être, des crises d’angoisses sans explication, des paniques sans motif apparent. Ils dorment mal ou font d’horribles cauchemars. Elles hésitent sans cesse pour accomplir les actes les plus insignifiants ou restent des heures plongées dans des abîmes de perplexité. Ils ou elles se déclarent notoirement « peu satisfaits » par leur vie sexuelle. Ils ou elles se disent en outre « victimes » d’emportements aussi intempestifs qu’inexplicables avec leur entourage proche. Des ratages incontrôlés dans leurs relations professionnelles ou privées empoisonnent leur vie au quotidien. Alors, pourquoi pas une psychanalyse ?
Plaidoyer pour la psychanalyse
Paru dans Le Soir, le 8 octobre 2005
Souvent, pour exister, certains psychologues, psychiatres avertis ou médecins tout court, prennent leur plume et partent à l’assaut de la psychanalyse freudienne, dame aussi vieille qu’indigne.
Penser la violence hypermoderne ?
Il est très courant, dans les pays démocratiques occidentaux, d’être alarmé par l’augmentation des comportements violents et le sentiment que l’insécurité est grandissante. Pourtant, il n’est pas certain qu’on a ainsi une vision correcte de la complexité des phénomènes de violence dans les univers démocratiques. Ainsi, certains chiffres donnent à réfléchir : en France comme en Belgique, il y a presque dix suicides réussis pour un meurtre.
Homoparentalité, Dans l’intérêt de l’enfant, vraiment?
Paru dans La Libre, le 24 novembre 2005
La Ligue de familles s’est prononcée pour l’adoption par les couples homosexuels. L’intérêt de l’enfant n’est-il pourtant pas de grandir avec un père et une mère de sexe différent?
Lacan : une nouvelle théorie de la connaissance
Jusqu’à Galilée, qui crée la science moderne au dix-septième siècle, l’Occident a vécu sous une organisation du savoir et une théorie de la connaissance (une épistémologie) dont les fondements avaient été érigés deux millénaires auparavant dans le monde gréco-latin. Cette organisation théorique du savoir était centrée sur les sept arts libéraux (c’est-à-dire des arts pratiqués par les hommes libres qui ne travaillaient pas de leurs mains) : ceux-ci était la grammaire, la rhétorique, la dialectique (le trivium, les trois disciplines s’occupant du langage); puis les mathématiques, la géométrie, l’astronomie et la musique (le quadrivium, les quatre arts s’occupant du nombre). Les arts libéraux sont la fondation de ce qu’on appelle aujourd’hui encore l’humanisme.
La vie est une maladie en pleine expansion
Excursions et incursions psychanalytiques
Ma première rencontre avec la psychanalyse eut lieu en 1965, alors que je suivais en Sorbonne les cours de Daniel Lagache… qui parlait de telle manière que je n’y comprenais rien.
En finir avec la psychanalyse?
Paru dans Libération, le 13 septembre 2005
Nouvelle offensive, ces temps-ci, contre la psychanalyse : «livre noir (1)», dossiers «noirs» et vieux procès, toujours le même, les mêmes arguments qu’on opposait déjà à Freud. C’est donc un rituel. Périodiquement on dira : «Mais vous ne l’avez pas vraiment guéri !» ou bien : «Vous interprétez le rêve dans le sens qui vous arrange !»
Psychanalyse et écriture
J’ai commencé à écrire alors que j’avais entamé une analyse depuis quelques années, déjà. C’est donc l’analyse qui a été première, c’est-à-dire qu’il m’aura « fallu » en passer par elle (et par d’autres choses que je n’évoque pas ici) pour accéder à l’écriture. C’est indémontrable, je ne pourrais (ni ne voudrais) expliquer ce lien, mais je sais qu’il en est allé ainsi, dans mon histoire. (C’est pourquoi, écrire n’est aucunement pour moi une thérapie !)
Nous sommes tous des pédophiles allemands
Ce texte est paru en version abrégée dans le Nouvel Observateur n°2215 du 19 au 25 avril 2007
« Je n’ai jamais entendu parler d’un crime que je n’aurais pu commettre moi-même » dit un jour Goethe à Eckermann. Certes, Nicolas Sarkozy n’est pas Goethe. Soyons franc, nous serions déjà bien heureux qu’il fût Eckermann. Et, qu’on se le dise, il ignore en particulier, tout de la pédophilie. « Avoir envie de violer un petit garçon de trois ans ? Est-ce que c’est normal ? » Le 10 avril sur France 2, le candidat à l’élection présidentielle posa la question, et y apporta aussitôt la réponse. Non, ce n’est pas normal, et il n’hésita pas à éclairer cette épineuse question éthique et psychopathologique, d’un « témoignage personnel ». Une telle chose ne lui « a jamais traversé l’esprit ».
Freud et la gloire de Dieu
Dans ces pages, on peut évoquer Reynders, le Standard, la grève des postes, à peu près ce qu’on veut, sans risquer de prendre une balle perdue. Mais il existe trois sujets qui, même si on les aborde respectueusement, avec modération, font lever des réactions viscérales et des anathèmes : les deux premiers sont le pape, et le conflit isréalo-palestinien. Ils touchent à la religion, une certaine forme de religion, et ce qui gît derrière, c’est la question du rapport au père. D’un rapport perverti, infantilisant, au père. Au “ mon père ”, “ mon fils ”, au mollah, rabbi, abbé, pape, papa.
Psychanalyse : traité de tous les non
Le souvenir et le lien
Comme l’an dernier, j’irai bientôt passer quelques semaines dans un petit village italien. Des amis m’en vantaient les avantages depuis longtemps avec photos à l’appui, mais j’avais toujours hésité à m’y rendre. J’y pense aujourd’hui et, curieusement, les premières images qui me viennent à l’esprit sont celles que j’en avais imaginé quand mes amis m’en parlaient. Je les remplace évidemment bien vite par le souvenir des moments que j’y ai réellement vécus, mais ces images ne se laissent pas chasser si facilement. Elles reviennent toujours et se mêlent aux autres. En fait, j’ai trouvé l’endroit beaucoup plus attrayant que je ne l’avais imaginé quand mes amis m’en parlaient. Ils mettaient en avant ce qui correspondait à leurs attentes et à leurs désirs, et qui ne correspondaient pas forcément aux miens. Le problème est que je ne peux pas m’empêcher de continuer à imaginer ce lieu à travers leurs yeux. Il faudra sans doute que j’y retourne plusieurs fois pour chasser ces faux souvenirs.
Depuis Freud, nous nous sommes familiarisés avec l’idée qu’un événement désiré et imaginé peut être confondu avec le souvenir d’un événement réellement vécu. Nous sommes aujourd’hui obligés de faire un pas de plus : un événement qui nous est raconté à travers le prisme du désir d’un autre peut produire chez nous des représentations qu’il nous sera ensuite difficile de distinguer de celles que nous nous serons formées dans une situation semblable. Et cette source de confusion sera encore plus grande lorsque l’événement ne nous aura pas été seulement raconté, mais mis en scène sous nos yeux à travers des images. Autrement dit, nos souvenirs se nourrissent à trois sources : nos expériences réelles, nos fantasmes de désir et les représentations de nos proches. Ces trois sources ne sont pas juxtaposées, mais étroitement intriquées. C’est pourquoi nous pouvons prendre un fantasme de désir pour le souvenir d’un événement vécu, comme nous l’a montré Freud, mais aussi confondre le souvenir d’un autre avec un souvenir personnel. C’est un aspect, parmi d’autres, de la psychanalyse des liens. Elle est appelée, dans un avenir proche, à compléter celle que nous connaissons aujourd’hui.
Soigner avec les jeux video
Un récent article du Journal Le Monde(1) évoquait la création d’une « clinique du virtuel » « pour soigner les enfants en difficulté ». Le style affirmatif du titre ne laissait planer aucun doute sur la légitimité du projet, tandis que la question de savoir qui le finançait n’était même pas évoquée. Pourtant, l’entreprise pose bien des questions.
Pourquoi les islamistes se sentent-ils menacés par les non-croyants ?
[ New Stateman | 10/01/2015 | Le Courrier International | 13/01/2015 ] C’est aujourd’hui, alors que nous sommes tous en état de choc après le massacre perpétré dans les locaux de Charlie Hebdo, qu’il faut rassembler le courage de réfléchir. Naturellement, nous devons...
Autocritique de l’Inserm après l’étude sur les troubles du comportement chez l’enfant.
Eric Favereau | Libération |15-11-006
L’illusoire repérage des délinquants dès la crèche
Ce fut houleux, agité. Ce fut un moment rare. Une assemblée de plusieurs centaines de chercheurs, de médecins, de pédopsychiatres, débattant tous avec force et colère. Rarement un colloque de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) n’aura été aussi vivant. Et pour cause… Cette journée, consacrée aux «troubles de conduite, de la pratique à la recherche», qui s’est tenue hier à Paris, faisait suite à l’une des polémiques les plus violentes qu’a connues ce prestigieux institut, après la publication à son initiative, en septembre 2005, d’une expertise collective sur «le trouble des conduites chez l’enfant» ( Libération du 28 février).
Virtuel : les nouveaux revenants
Au Moyen Âge, beaucoup de personnes prétendirent « voir » des revenants « avec leurs yeux » de la même façon qu’ils voyaient leurs proches vivants. Cette conviction était totalement inacceptable pour l’Église catholique pour laquelle il n’y a de réincarnation des morts que le jour du jugement dernier. Comment concilier alors le dogme avec l’expérience racontée par tant de fidèles d’avoir vu, « de leurs yeux vus », des revenants ?
L’ingéniosité fut à la hauteur du problème posé. Les théologiens déclarèrent que les revenants existaient bien, mais qu’ils ne pouvaient pas être vus avec les yeux de chair au même titre que les vivants puisqu’ils n’existaient pas dans un corps réel. Ils étaient donc vus – car cela, on ne pouvait pas le contester – avec les yeux de l’âme. Autrement dit, les revenants n’étaient ni des images du monde du dedans confondues avec la réalité – ce que nous appellerions aujourd’hui des hallucinations –, ni des images formées dans la conscience à partir de la perception d’un objet simplement visible. Il y fallait la médiation d’une machine dont le Moyen Âge a fait grand cas : l’âme.
Aujourd’hui, nous ne croyons plus guère que les disparus sortent des cimetières dans leur habit du dimanche, mais nous ne sommes pas choqués de les rencontrer dans ces territoires de nulle part que sont les espaces virtuels. Et la comparaison avec les revenants du Moyen Âge ne s’arrête pas là. Dans les deux cas, nous désirons les voir, mais dans les deux cas aussi, cette vision nous trouble autantqu’elle nous satisfait. J’imagine que c’est parce que, dans les deux cas, nous ne savons pas très bien quelle part nous avons pris à cette présence. Les voyons-nous parce qu’ils sont « devant nous » – tout au moins leur effigie – ou parce qu’ils sont « en nous » ? Cette grand-mère si chère qui me manque tant, cet aïeul qui semblait occuper si souvent les pensées de l’un de mes parents, sont-ils soudain devant moi parce que mon ordinateur aurait le pouvoir de les convoquer, ou bien est-ce une illusion de mon désir ? La réponse rationnelle est évidemment la seconde, mais les mondes virtuels ont-ils été inventés pour engendrer du rationnel ?
La règle « 3-6-9-12 » relayée par l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA)
Les écrans sont d’extraordinaires supports de divertissement et d’éducation… mais à condition de les découvrir au bon moment et dans de bonnes conditions. C’est pourquoi j’ai proposé en 2008 la règle « 3-6-9-12 »pour guider les parents sur ce chemin. Or depuis 2011, cette règle est relayée par l’AFPA qui la diffuse largement. Mais qu’est ce que l’AFPA ?
La Rilatine inquiète les psys
Ricardo Gutiérrez | Le Soir | 05-04-2006
Le danger de médicalisation des enfants hyperactifs
Prescrire de la Rilatine aux enfants hyperactifs ? Cela ne va pas sans danger, dit un groupe de psychiatres
La psychanalyse permet-elle de réaliser ses désirs ?
Thése P.39
