Combien de temps durent les bénéfices d’une psychanalyse?

Combien de temps dureront les bénéfices qu’un sujet retire d’une psychanalyse? Une fois l’analyse terminée, est-ce à dire que « tous les problèmes » seront résolus, ou, du moins, pourront l’être grâce à un travail mental relativement sommaire? Si, au contraire, surgissent de nouvelles confrontations importantes du sujet, avec lui-même ou avec son entourage, faut-il conclure à l’inefficacité de l’analyse qu’a faite ce sujet?

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Serrer la main à son patient?

Y a t-il un quelque chose de pervers, dans le fait que le psychanalyste ne serre pas la main à son patient?

Pour cette question, comme pour bien d’autres, la première invitation est celle d’en parler – justement -à son psychanalyste. Vous êtes étonnée, interloquée, fâchée… Pourquoi avant tout ne pas lui poser la question et lui dire ce qui vous vient à l’esprit à ce propos ?

Mais rassurez-vous, je ne veux pas, à mon tour, ici, vous refuser une main et vous renvoyer la question.

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Après 60 ans, à quoi bon entreprendre une psychanalyse?

Freud, en 1904, avait déconseillé d’entreprendre une psychanalyse avec des personnes de plus de 50 ans. Il estimait que la diminution de leur plasticité psychique et l’accumulation de leurs souvenirs ne le leur permettaient pas. Pourtant, en psychanalyse, la liberté de jouer avec tous les fantasmes sans les agir, permet d’espérer acquérir une meilleure plasticité psychique.

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Normaliser la torture, briser l’éthique

Ce texte, paru le 24 mars 2007 dans le The New York Times, a été traduit par Xavier Rabilloud ( Tlaxcala, le réseau des traducteurs pour la diversité linguistique) 

A l’avant-garde des morts-vivants

Depuis que les aveux saisissants de Khaled Sheikh Mohammed ont été rendus publics, la consternation face à l’étendue de ses crimes demeure mêlée de doutes. Peut-on accorder foi à ses revendications ? Et s’il avait avoué plus que ce dont il s’est réellement rendu coupable, soit pour assouvir un vain désir de laisser le souvenir du grand cerveau du terrorisme, soit parce qu’il était prêt à avouer n’importe quoi pourvu que l’on cesse de le soumettre au « water boarding » ou à d’autres « techniques d’interrogation renforcée » ?

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Le mal pour être bien

Les raisons qui nous poussent à dévorer un pavé dont le narrateur est un SS.

Comment comprenez-vous qu’on se jette sur ce pavé – Les bienveillantes où le narrateur est un SS? Les lecteurs sont pris entre deux tendances.

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De femmes en femmes

Une femme qui dort seule dort avec le diable…(proverbe abyssin cité par E.Jones)

Une femme, des femmes, la Femme…Marie Chantal la peint inexorablement, inlassablement. Comme un éternel retour, une expression compulsive, une force impossible à maîtriser. On ne sait plus très bien qui de l’artiste ou de la femme devient la chose de l’autre, qui, de la toile ou de l’observateur, se plaît à jouir de la possession de l’autre.

Possédée, Marie Chantal l’est certainement. Il suffit pour s’en convaincre de balayer son regard sur la trentaine de portraits de femmes, toutes plus fatales, plus castratrices, plus félines les unes que les autres. Cette sensualité portée à son paroxysme les rend à la fois effrayantes et excitantes. Qui se prive de souffrance ne peut accéder à la jouissance. Un rêve ou un cauchemar selon le désir de l’autre, de celui ou de celle qui se laisse prendre dans leurs rets.

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Une nouvelle figure de la peur

Ce texte est paru dans l’Humanité le 21 octobre 2006

Notre société est actuellement fascinée par la figure du monstre. Celui-ci prend dans les médias deux formes exemplaires : le pédophile et le terroriste. Il suffit d’allumer la télévision pour s’en rendre compte. Ceux-ci captivent le regard du public.

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Vu du divan

Signe des temps : analysants, psychiatres, analystes en formation tiennent leur blog. Ainsi en va-t-il de Mélie qui nous prête deux fragments. (NdR)

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Penser la violence hypermoderne ?

Il est très courant, dans les pays démocratiques occidentaux, d’être alarmé par l’augmentation des comportements violents et le sentiment que l’insécurité est grandissante. Pourtant, il n’est pas certain qu’on a ainsi une vision correcte de la complexité des phénomènes de violence dans les univers démocratiques. Ainsi, certains chiffres donnent à réfléchir : en France comme en Belgique, il y a presque dix suicides réussis pour un meurtre.

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Homophobies psychanalytiques

Cet article a été publié dans Le Monde le mercredi 15 octobre 1999

La reconnaissance sociale du couple homosexuel et, au-delà, de l’accès des homosexuels à la parentalité est l’objet de controverses dans les pays occidentaux. Je laisse de côté ici les calculs politiques qui conduisent les responsables politiques à refuser des droits aux homosexuels pour ne pas heurter la majorité d’une France chrétienne et bien pensante. Je m’intéresserai à un aspect particulier : le mode sur lequel sont invoquées les lumières de la psychanalyse. Je ne peux, en effet, en aucun cas retrouver dans les attendus proférés « au nom de la psychanalyse » ce qui me paraît faire la vérité de la pratique que j’exerce.

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L’ivre noir, réflexions d’un clinicien

Paru dans Le Monde, le 4 mai 2006 

Ah ! quelle joie, quelle jubilation de lire Le Livre noir de la psychanalyse (Les Arènes), puis quelques mois plus tard Pourquoi tant de haine (Navarin) et L’Anti-livre noir de la psychanalyse (Seuil) ! Enfin le combat a lieu, enfin ils s’affrontent – à ma grande satisfaction, pour mon grand bonheur. Quel plaisir d’assister à un conflit idéologique, de peser les arguments de chacun, y compris ceux d’une mauvaise foi exemplaire ! Ils se haïssent, se détestent, s’invectivent, se méprisent mais à tout le moins ils se répondent ! Les différences conceptuelles, philosophiques, épistémologiques, voire politiques, éclosent comme des bourgeons de printemps. Ils livrent bataille en place publique. Grand Dieu que c’est bon !

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Plaidoyer pour la psychanalyse

Paru dans Le Soir, le 8 octobre 2005
 
 
Souvent, pour exister, certains psychologues, psychiatres avertis ou médecins tout court, prennent leur plume et partent à l’assaut de la psychanalyse freudienne, dame aussi vieille qu’indigne.

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. Projet de loi sur les professions de la santé mentale, mise en perspective par Francis Martens

Emportés par le courant, nous avons du mal à voir où le fleuve nous mène. Il y a peu de doute pourtant que, depuis la révolution néolithique (élevage, agriculture, sédentarisation progressive), notre espèce ait connu mutation aussi radicale. Le rapport technique à notre environnement, aussi bien que les relations entre les sexes, les adultes et les enfants, les producteurs et les consommateurs, sont en proie à des remaniements radicaux qui ne vont pas sans bouleversements profonds. D’où, de nouvelles formes de souffrance psychique touchant au cœur même de l’image de soi, et diverses réactions dont, au plan politique, les fondamentalismes ne sont pas les plus anodines. En même temps, nous entrons dans une époque de vacillement culturel où la maîtrise technologique est ordinairement confondue avec la rigueur scientifique, et où l’éthique du rapport à l’autre se voit souvent remplacée par la gestion purement émotionnelle ou anonymement administrative de la solidarité.

Programme ou DVD ?

Quand ils regardent la télévision, les jeunes enfants sont fascinés par la forme bien plus que par le contenu : les mouvements rapides des personnages, les changements de décors, le caractère imprévisible des scènes, l’intensité des effets sonores, les voix étranges ou inhumaines…, voilà ce qui le « scotche » à l’écran ! D’où leur préférence pour les dessins animés où ils retrouvent tout cela.

Ce n’est qu’à partir de 2 ans ½, qu’ils commencent à reconnaître les contenus de ce qu’ils voient. Ils entrent dans le monde des téléspectateurs à proprement parler. C’est ainsi qu’à l’âge de 3 ans, ils déclarent pour la plupart avoir une émission favorite : ils sont passés d’une relation à l’écran à une relation à un programme. Ils continuent alors à reproduire ce qu’ils voient sur l’écran et aussi ce qu’ils y entendent comme le démontre la tendance de jeunes téléspectateurs à répéter des phrases publicitaires!

C’est entre 3 et 5 ans que l’enfant apprend progressivement à affiner sa perception et sa compréhension, et en même temps à construire des liens logiques entre les différentes bribes du spectacle qui se déroule sous ses yeux. Il continue toutefois à garder un point de vue qui privilégie la forme sur le contenu, et notamment sur le contenu narratif.

La conséquence de tout cela ? Aussitôt que l’enfant regarde la télévision, il est toujours préférable de lui proposer des DVD qu’il peut regarder plusieurs fois pour les assimiler à son rythme, plutôt que des programmes en continu qu’il renonce vite à comprendre.

Sigmund Freud-Max Eitingon | Correspondance,

Sigmund Freud-Max Eitingon, Correspondance, 1906-1939. Hachette Littératures, 2009.
 
« Connaisseur minutieux de la psychanalyse, thérapeute expérimenté, penseur au jugement sûr ». C’est en ces termes que Sigmund Freud faisait l’éloge, en 1930, de Max Eitingon, pour aussitôt regretter que celui-ci se soit « refusé à enrichir la littérature analytique par ses contributions » cliniques. L’histoire de la psychanalyse a fini par minimiser le rôle de ce proche disciple de Freud, reléguant souvent son œuvre à celle d’un tâcheron chargé des basses besognes administratives. Une injustice que vient heureusement réparer la publication, par les Editions Hachette Littératures, des huit cent vingt et une lettres échangées par les deux hommes entre 1906 et 1939, soit une correspondance aussi volumineuse et comparable à celle entretenue par le père de la psychanalyse avec K. Abraham, Sandor Ferenczi ou Ernest Jones. C’est dire tout l’intérêt d’une lecture attentive de cet ouvrage fort bien construit et documenté qui éclaire autrement les grands moments de l’histoire de la psychanalyse et aide également à la compréhension des réflexions personnelles de son créateur.

Les travailleurs du nucléaire malades du secret

Aujourd’hui, quand on pense « souffrance et secret », on pense aussitôt « famille ». Mais les secrets existent aussi dans les entreprises et peuvent générer des troubles chez ceux qui en sont les porteurs, voire chez leurs proches. Sur ce thème, la chaîne Arte diffuse le 12 mai un reportage de Alain de Halleux consacré aux travailleurs du nucléaire. Ils sont obligés de travailler de plus en plus vite sans pouvoir toujours respecter les normes de sécurité. Mais dans le même temps, ils n’ont pas le droit d’en parler sous peine de perdre leur emploi. Le porteur d’un tel secret est amené à se couper en deux entre son désir de parler pour se soulager et l’obligation qu’il s’impose – ou qu’on lui impose… – de se taire. Etre ainsi coupé en deux est une source de souffrances, c’est comme de vivre avec deux personnalités qui coexistent. Il peut en résulter des troubles somatiques ou psychologiques, ou une fatigabilité excessive. Et cette souffrance est perçue par les proches, mais ils n’en ont évidemment pas la clef. En outre, on leur dit que rien n’est caché ! La famille, les amis, voient bien que « ça ne tourne pas rond ». Du coup, ils se coupent en deux à leur tour, entre ce qu’ils pressentent et ce qu’on leur dit de croire. Les proches essayent aussi de comprendre et imaginent en général deux choses : celui qui souffre sans rien pouvoir dire aurait peut être fait quelque chose de honteux ; ou bien il aurait de gros reproches à faire à son entourage sans oser lui en parler. Dans le premier cas, ceux qui côtoient le porteur de secret indicible imaginent qu’il a la honte, et dans le second cas, ils imaginent qu’il veut la leur faire porter ! Résultat, dans les deux cas, les relations sont empoisonnées.
Redisons le : les secrets que l’on garde avec bonheur sont glorieux et ne posent de problème à personne. C’est le cas des secrets que les travailleurs du nucléaire ont d’abord été amenés à garder, au début de l’implantation de cette technologie. Mais aujourd’hui, tout a changé. Les conditions de sécurité sont de moins en moins respectés au fur et à mesure que s’étend la sous-traitance et ce secret douloureux mine les employés qui s’y sentent contraints, leur climat familial, mais aussi le climat de l’entreprise. Plus personne n’ose poser de question à personne, tout le monde s’épie et tout le monde tente d’imaginer ce qu’on lui cache ou que les autres savent, jusqu’à s’inventer parfois des histoires rocambolesques qui nourrissent les fantasmes et les rumeurs. La grande victime du secret n’est pas la vérité, qui est d’ailleurs souvent relative, mais la communication. Plus les conditions de travail se durcissent, plus la sous-traitance se généralise, plus le risque existe que des employés se retrouvent porteurs de secrets pénibles. Le film de Laurent Cantet, « Ressources humaines », en était une autre illustration…

Dénoncer les assassins d’enfants, c’est faire partie des «braves gens» [Samuel Lepastier ]

Samuel Lepastier s’entretient avec Cécile Daumas Pour Libération (16-12-2006)

Samuel Lepastier psychiatre, explique pourquoi les crimes à caractère sexuel envers les enfants sont devenus les plus intolérables pour l’opinion publique. Et en quoi ils trouvent un écho intime en chacun de nous, même si nous n’en sommes pas directement les victimes.